Depuis le début de la crise sanitaire, la situation politique et économique du pays ne cesse de s’aggraver. Apparemment, les ex-salariés ayant perdu leur travail ne sont pas les seules victimes. Récemment, des centaines d’étudiants lésés et mécontents se sont manifestés dans plusieurs villes, entre autres à Paris, à Rennes, à Strasbourg, à Lille ou à Toulouse. La cause de ce mouvement ? Ils sont privés de cours en présentiel depuis plus de deux mois. Outre cela, de nombreux étudiants se plaignent du manque de considération du gouvernement à leur encontre sur plusieurs plans. Par rapport à ces plaintes, les manifestants réclament à haute voix des mesures pouvant répondre à leurs besoins et ainsi résoudre leurs problèmes. Vous voulez en savoir davantage sur cette situation ? Consultez l’un de nos avocats spécialisés en droit de l’enseignement pour vous éclairer en détail. En outre, voici quelques informations essentielles pour résumer le sort des étudiants français en ce moment.

Alt="Les étudiants face à la crise sanitaire"

 

Quelles sont les mesures de cadrage venant du gouvernement ?

En raison de l’accroissement du nombre de malades causé par la pandémie, l’État français a, depuis l’année dernière, réorganisé le fonctionnement des établissements supérieurs. Ainsi, des mesures de cadrage ont été mises en place pour contrer la crise sanitaire.

Ces dernières sont citées dans la liste suivante :

  • La distanciation physique : une distance d’au moins 1 mètre entre chaque étudiant doit être respectée. Chaque siège doit par ailleurs être espacé par un autre siège vacant dans les amphis, dans les salles de cours et dans les bibliothèques.
  • Le port systématique du masque : il s’agit d’une mesure obligatoire permettant de restreindre la propagation du virus entre les étudiants.
  • L’aération des espaces clos pendant 10 à 15 minutes par jour en l’absence des étudiants. De cette manière, il sera plus facile de désinfecter les endroits publics.
  • L’organisation de la circulation pour éviter les regroupements et les croisements trop importants. Cette initiative a pour but de limiter le contact physique proche des étudiants.

Toutefois, Helno Eyriey, le vice-président de l’Unef (Union des étudiants en France) révèle qu’un cadrage national n’a pas vraiment eu lieu, car les consignes étaient floues et que certaines universités manquaient de moyens pour s’y conformer. Selon lui, les gestes barrières n’ont pas toujours été respectés et beaucoup d’amphis surchargés ont été fréquemment constatés. Afin de dédoubler les effectifs et de lutter contre la propagation du coronavirus, de nombreuses universités ont dû prendre certaines mesures exceptionnelles.

À cet effet, elles ont dû élaborer de nouvelles stratégies telles qu’énoncées dans la liste ci-après :

  • L’instauration d’une alternance par jour de naissance (Sorbonne Nouvelle) : les étudiants dont la date de naissance est un chiffre pair viennent en cours les semaines paires et ceux nés les jours impairs viennent les semaines impaires.
  • L’alternance des cours numériques et des cours en présentiel le même jour (université de Montpellier).

Qu’en est-il de l’enseignement hybride ?

Pendant plusieurs mois, de nombreuses universités ont dû mettre en place un système d’enseignement hybride pour contrer les effets de la crise sanitaire dans les établissements d’enseignement supérieur. Cette mesure consiste à instaurer une alternance entre les cours à distance et les cours en présentiel. Toutefois, Helno Eyriey déplore cette solution. D’après ses affirmations, contrairement aux cours en présentiel, les cours à distance n’ont pas le côté pratique requis dans certaines filières. De même, ils ne donnent pas l’occasion aux étudiants de faire des échanges d’avis ni de conseils avec les enseignants.

Le délégué national de l’Uni Jacques Smith, quant à lui, estime que la seule solution pour garder la qualité de la formation et des diplômes de l’enseignement supérieur reste de suivre des cours en présentiel. Il pense également que les diplômes sont bradés avec les examens à distance. Par conséquent, le niveau des étudiants de l’enseignement supérieur risque incontestablement de baisser.

Quelles sont les conséquences de la crise sanitaire sur les étudiants ?

La crise sanitaire a bien entendu eu des répercussions lourdes sur la vie des étudiants. Si certains vivent une précarité accentuée, d’autres souffrent de problèmes psychologiques. Le plus grave est que la plupart des étudiants sont touchés par les deux situations.

La précarité des étudiants accentuée

De nombreux étudiants ont affirmé être inquiets quant à leur situation financière pendant le confinement. Paul Mayuax atteste d’ailleurs qu’en 30 ans, une telle situation de précarité n’a jamais eu lieu. Certains étudiants victimes d’une situation précaire ne mangent plus pendant plusieurs jours. Pour cette raison, plus de 30 000 paniers-repas ont été distribués depuis le début de la crise sanitaire à travers les épiceries solidaires.

Pendant le confinement, quelques mesures d’urgence ont été mises en place afin de résoudre les difficultés économiques rencontrées par les étudiants.

Ces mesures sont citées dans la liste suivante :

  • Le montant des inscriptions à l’université a été gelé pour l’année 2020-2021 ;
  • Les bourses d’études ont été revalorisées ;
  • Les repas sont proposés à 1 euro dans les restaurants universitaires, non seulement pour les boursiers, mais aussi pour tous les étudiants.

Toutefois, elles sont insuffisantes aux yeux des syndicats qui ont l’impression que le gouvernement ferme les yeux sur ce problème. L’Unef avance un chiffre d’aide de 1,5 milliard d’euros pour un plan d’urgence destiné aux étudiants. Elle réclame également une hausse immédiate des bourses et des aides au logement. La Fage (Fédération des associations générales étudiantes) veut également aller plus loin en effectuant de profondes réformes sur le système boursier en matière de critères sociaux.

Une détresse psychologique

Un sondage réalisé par Ipsos a permis d’interroger les étudiants sur leur état d’esprit pendant la période de crise sanitaire. Selon le résultat rapporté, plus de 73 % des étudiants déclarent que la crise sanitaire a gravement affecté leur santé mentale. Ils affirment être stressés et épuisés par l’incertitude ambiante liée à la crise. Certains avouent avoir des problèmes d’anxiété. Cet état de mal-être ne peut qu’être accentué avec le second confinement. D’ailleurs, de nombreux suicides et tentatives de suicide d’étudiant ont été recensés ces dernières semaines.

Une aide en renfort de psychologues et d’assistants sociaux a d’ailleurs été annoncée par le gouvernement. Un chèque de soutien psychologique a même été octroyé aux étudiants en difficulté pour financer leur consultation chez un psychologue de leur ville.

Le burn-out chez les étudiants et également chez les enseignants 

Outre les manifestations des étudiants mécontents, les enseignants ont eux aussi exprimé leur désarroi face à la crise sanitaire ce mardi 26 janvier 2021. Selon le ministère de l’Éducation, le taux de grévistes a augmenté d’environ 11 %. La FSU, quant à elle, révèle un taux de 33 % chez les grévistes de premier degré et de 40 % pour le second. Pour couronner le tout, 4 500 enseignants ont défilé à Paris et se sont plaints de leurs conditions de travail qu’ils qualifient de « scandaleuses ». Ces derniers déplorent également la suppression de 1 880 postes à la rentrée prochaine des collèges et lycées, une situation qui touchera inévitablement les élèves. De par ces faits, il n’est plus étonnant que les étudiants soient sensiblement affectés par la crise sanitaire rapporte la même source.