Le barreau de Paris a été créé par Saint-Louis il y a plus de 800 ans et à sa tête. Depuis, seules 4 femmes se sont retrouvées à sa tête alors que les avocates représentent la moitié de la profession, que ce soit à Paris ou dans d’autres villes de France. Garant de la discipline et du respect de la déontologie professionnelle, il incombe au bâtonnier de conseiller et d’arbitrer ses confrères en cas de différend. Il sert aussi de médiateur entre les magistrats pour assurer une bonne entente. Le 24 novembre 2020, Julie Couturier remporte l’élection de l’ordre des avocats de Paris. L’occasion de dresser le portrait des 4 femmes qui ont endossé le titre de bâtonnière de Paris.

Alt="Lumière sur les 4 femmes élues bâtonnières de Paris de 1998 jusqu'à aujourd'hui"

Dominique de La Garanderie, la première femme élue bâtonnière de Paris (1998 – 1999)

C’est Dominique de La Garanderie qui a ouvert la voie à Julie Couturier. En effet, elle est la première femme à avoir brigué le poste de représentant des avocats auprès du barreau parisien. Avocate au barreau depuis 1968, son élection a été le couronnement d’une longue carrière dans les syndicats et l’ordre des avocats. Elle était présidente du Centre National des Avocats Employeurs, membre du Conseil de l’Ordre des avocats au Barreau de Paris et membre du bureau du Conseil National des Barreaux avant d’intégrer ce poste. À la fin de son mandat, Dominique de La Garanderie n’a pas pour autant cessé son combat. Elle intègre le Comité consultatif national des droits de l’homme de 1999 à 2005 où elle est nommée vice-présidence du Comité sur les droits de l’enfant. Par ailleurs, cette combattante chevronnée pour l’égalité professionnelle s’est engagée aussi dans la promulgation de l’éthique des affaires. De plus, Maître de La Garanderie a créé en 2000 l’Association des femmes juristes, ainsi que l’Institut des avocats experts de confiance (IAEC).

Christiane Féral-Schuhl, élue à la tête du barreau de Paris en 2010

Après Dominique de La Garanderie, 10 ans s’écouleront avant de retrouver une femme élue représentante des avocats auprès du barreau de Paris. Christiane Féral-Schuhl est une avocate spécialisée dans les nouvelles technologies, plus précisément le droit de l’informatique. Elle a pris ses fonctions en 2011, après une année de dauphinat. Durant sa campagne et au cours de son mandat, elle a pu compter sur l’appui de Maitre Dominique de La Garanderie. Elles veulent toutes les deux démontrer ce que représentent les femmes au sein du barreau de Paris.

À noter : Christiane Feral-Schuhl a été élue la première présidente du Conseil national des barreaux ou CNB (2018-2020).

Marie-Aimée Peyron, une avocate d’affaires représentant l’ordre des avocats en 2018

En 2017, la 220e élection du représentant des avocats au barreau de Paris est organisée. Marie-Aimée Peyron et Basile Ader remportent le second tour de l’élection de bâtonnier et vice-bâtonnier avec 5 203 voix alors que le duo Olivier Cousi et Nathalie Roret était en tête lors du premier tour. L’avocate succède à Frédéric Sicard.

Au sein du cabinet d’avocats Squire Patton Boggs, la médiation et les contentieux concernant les litiges portant sur l’espionnage industriel ainsi que les accusations de corruption font partie de ses spécialités.

À retenir : le Barreau de Paris recensait 29 264 avocats inscrits et 10 569 se sont exprimés au cours de l’élection, soit un taux de participation de 36 %.

Julie Couturier, la quatrième femme bâtonnière de Paris (2022)

La bataille juridique conduite par Jeanne Chauvin en 1897 pour que les femmes aient le droit de plaider et de prêter serment devant la cour d’appel a donné ses fruits en 1900. Malheureusement, même si les obstacles juridiques sont levés, les avocates doivent affronter d’autres combats. En effet, il faudra attendre 1998, soit près de 100 ans plus tard pour qu’une femme se retrouve à la tête du barreau de Paris.

Le 24 novembre 2020, Julie Couturier est la quatrième femme élue à ce poste, mais elle ne prendra ses fonctions que le 1er janvier 2022. Cette avocate depuis 1995 exerçait dans un cabinet spécialisé en droit du patrimoine, de l’exécution et de l’immobilier. De 2002 à 2003, elle était vice-présidente de l’Union des jeunes avocats de Paris, puis membre du conseil de l’ordre des avocats de 2009 à 2011.

Julie Couturier et son vice-bâtonnier Vincent Nioré remportent l’élection du barreau de Paris avec 7 757 voix sur les 12 238 suffrages exprimés, soit 63 %. Le taux de participation a été plus élevé comparé à l’élection de 2018 comptant 10 052 suffrages exprimés. Cela est dû aux particularités de la campagne. Pour la première fois de l’histoire du barreau de Paris, seuls deux binômes ont présenté leur candidature. Par ailleurs, en raison de la crise sanitaire, les débats, qui se déroulaient en ligne, ont été ponctués d’échanges musclés sur les réseaux sociaux.

Bon à savoir :
Le bâtonnier est le porte-parole des avocats auprès de l’Ordre. Il est élu par ses pairs pour un mandat de 2 ans qui commence au début de l’année civile et prend fin à la fin d’une année civile. Lors de sa dernière année de mandat, il est accompagné par un dauphin qui prendra sa succession. Outre le rôle de représentant, le bâtonnier est aussi l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Il a pour mission de transmettre toutes les informations relatives à la vie du barreau à ses pairs.