Révoquer ou annuler une donation : les conditions et les modalités

Faire une donation apparait parfois comme un choix judicieux dans le cadre d’une succession. Vous souhaitez aider l’un de vos proches, ou même une tierce personne en difficulté financière ou matérielle et la donation, qui se réalise de votre vivant, vous semble la solution idéale. Pour en savoir plus sur la procédure, recourez aussi aux services d’un avocat en droit de la famille.

Seulement, la vie a ses imprévus… Il arrive donc de changer d’avis quant à une donation, qu’elle ait été faite de manière trop hâtive ou réalisée dans le cadre d’une situation qui a désormais évolué.

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Révoquer une donation

Il faut tout d’abord savoir qu’il est normalement impossible de revenir sur une donation déjà effectuée. En règle générale, vous ne pouvez pas récupérer le bien que vous avez transmis au donataire.

Il existe néanmoins trois cas définis par le Code Civil (articles 953 et suivants) qui autorisent la révocation d’une donation.

Le premier cas est dit de « l’inexécution des charges » : des charges ont été imposées au préalable au bénéficiaire de la donation et ce dernier ne les a pas exécutées.

Vous avez par exemple fait don de votre maison à votre enfant en échange d’un hébergement assuré pour vous ou de frais à sa charge mais il refuse finalement de les assumer : cela relève bien de l’inexécution des charges.

Le second cas est celui de l’ingratitude avérée du donataire envers le donateur du bien.

Le troisième cas de révocation d’une donation est celui de la survenance d’un enfant après la donation. Pour une donation consentie depuis le 1er janvier 2007, cette révocation n’est possible que si le donateur n’avait aucun enfant ni descendant vivant au moment de la donation et si l’acte prévoit expressément cette possibilité.

Ainsi, si vous avez consenti une donation alors que vous n’aviez aucun enfant ni descendant vivant, puis avez un enfant par naissance ou adoption plénière, vous pouvez demander la révocation uniquement si cette clause figure dans l’acte. Seul le donateur peut exercer cette action, dans les cinq ans suivant la naissance ou l’adoption plénière du dernier enfant.

Bon à savoir :
Pour une donation consentie avant le 1er janvier 2007, le régime applicable doit être vérifié en fonction de la date et du contenu de l’acte, les anciennes règles pouvant encore s’appliquer.
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Annuler une donation

Une donation ne s’annule pas facilement. Pour y parvenir, il faut être en mesure de rassembler des preuves justifiant votre demande d’annulation de la donation.

Les documents qui vous seront nécessaires pour faire annuler une donation doivent être écrits et pertinents afin de montrer qu’ils entrent bien dans l’une des situations précédemment citées.

Vous aurez donc besoin de lettres de témoignage, de lettres de médecins, de copies de courriers échangés avec le donataire etc.

Le divorce est sans incidence sur les donations de biens présents entre époux, qui ne peuvent être révoquées que dans les conditions prévues par la loi. En revanche, il révoque de plein droit les dispositions à cause de mort et les avantages matrimoniaux qui ne prennent effet qu’à la dissolution du régime matrimonial ou au décès, sauf volonté contraire de l’époux qui les a consentis. Une donation de biens à venir consentie pendant le mariage reste, quant à elle, toujours révocable.

À noter :
La nullité et la révocation ne doivent pas être confondues. La nullité sanctionne un défaut affectant la validité de la donation dès sa formation, tandis que la révocation remet en cause une donation valablement consentie pour l’un des motifs prévus par la loi.

Révoquer ou annuler une donation : modalités et procédures

Les procédures de révocation d’une donation varient en fonction des cas mentionnés dans le Code Civil et donc des différentes situations.

Dans le cas d’une inexécution des charges, le donateur souhaitant faire révoquer la donation devra poursuivre en justice le donataire avec des preuves matérielles concrètes pour montrer que les conditions de la donation n’ont pas du tout été respectées et qu’il en pâtit durement.

Pour une situation d’ingratitude avérée, le donateur doit se tourner vers le tribunal judiciaire pour demander la révocation de la donation.

De la même manière que pour le cas précédent, le donateur doit être en mesure de prouver qu’il a subi des préjudices physiques ou moraux (sévices, délits etc.) de la part du donataire pour justifier la demande de révocation.

À savoir :
Les délais varient selon le motif invoqué. La demande fondée sur l’ingratitude doit être formée dans l’année, tandis que l’action pour survenance d’un enfant se prescrit par cinq ans à compter de la naissance ou de l’adoption plénière du dernier enfant.

Comment un avocat peut-il vous aider à révoquer ou annuler une donation ?

Les conditions et la procédure dépendent du motif invoqué, de la date de la donation et de la rédaction de l’acte. Un avocat en droit de la famille ou en droit patrimonial peut notamment :

  • Vérifier si la situation relève d’une nullité ou d’une révocation et déterminer les règles applicables ;
  • Examiner l’acte de donation, notamment les charges imposées au donataire et l’éventuelle clause relative à la survenance d’un enfant ;
  • Contrôler le délai pour agir, qui varie selon le motif invoqué ;
  • Réunir les preuves d’une inexécution des charges, d’une ingratitude ou d’un vice affectant la validité de la donation ;
  • Rechercher une solution amiable et adresser, si nécessaire, une mise en demeure au donataire ;
  • Saisir le tribunal judiciaire et défendre les intérêts du donateur au cours de la procédure ;
  • Évaluer les conséquences de la révocation sur la restitution du bien et les actes accomplis depuis la donation ;
  • Travailler avec le notaire chargé de l’acte ou des opérations patrimoniales.

L’avocat permet ainsi de vérifier si la demande est juridiquement fondée avant d’engager une procédure et d’éviter qu’elle soit rejetée en raison d’un délai dépassé ou de preuves insuffisantes.

FAQ

Qui peut demander la nullité d’une donation ?

Cela dépend du motif de nullité. La nullité relative ne peut être demandée que par la personne que la règle protège, généralement le donateur, tandis que la nullité absolue peut être demandée par toute personne justifiant d’un intérêt ainsi que par le ministère public.

Est-il possible d’annuler une donation par testament ?

Une donation de biens présents ne peut pas être annulée par un simple testament. En revanche, une donation au dernier vivant, qui porte sur des biens à venir entre époux, peut être révoquée par un testament ultérieur exprimant sans ambiguïté cette volonté.

Quel est le délai pour révoquer une donation pour ingratitude ?

La demande doit être formée dans l’année suivant les faits reprochés au donataire ou leur découverte par le donateur. Ce délai ne doit pas être confondu avec celui de cinq ans applicable à la révocation pour survenance d’un enfant.

Dans le cas d’une survenance d’enfant, la révocation n’est ni automatique ni de plein droit. Elle n’est possible que si le donateur n’avait aucun enfant ni descendant vivant au moment de la donation et si l’acte contient une clause expresse en ce sens. Seul le donateur peut exercer l’action en révocation, dans les cinq ans à compter de la naissance ou de l’adoption plénière du dernier enfant.

POINTS CLÉS À RETENIR

  • Une donation est en principe irrévocable. Elle peut néanmoins être révoquée pour inexécution des charges, ingratitude ou survenance d’un enfant, dans les conditions prévues par la loi.
  • Pour une donation consentie depuis le 1er janvier 2007, la survenance d’un enfant ne permet une révocation que si le donateur n’avait aucun enfant ni descendant vivant au moment de la donation et si l’acte contient une clause expresse.
  • Seul le donateur peut exercer l’action en révocation pour survenance d’un enfant, dans les cinq ans suivant la naissance ou l’adoption plénière du dernier enfant.
  • Le divorce ne révoque pas les donations de biens présents entre époux. Il révoque en principe les dispositions à cause de mort et certains avantages matrimoniaux prenant effet à la dissolution du régime ou au décès.
  • Selon le motif invoqué, des preuves et une procédure judiciaire peuvent être nécessaires. L’aide d’un notaire ou d’un avocat permet de vérifier les conditions applicables.

Articles Sources

  1. legifrance.gouv.fr - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006433883/
  2. legifrance.gouv.fr - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006433887/
  3. legifrance.gouv.fr - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000001491118
  4. legifrance.gouv.fr - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006435819/

Historique de l’article

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02/11/2026 - Mise à jour par L’équipe Justifit. Rectification de la révocation pour survenance d'un enfant/ Mise à jour des références avec les articles pertinents du Code civil et la loi du 23 juin 2006
14/05/2021 - Création de l’article par L’équipe Justifit
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