Le Replay :

Qui est Aude Bronner ?

Avocate depuis 21 ans, Aude Bronner s’est installée à son compte en 2006 après deux collaborations. Elle a alors développé une clientèle essentiellement en droit de la famille et pénal. En 2008, à la limite du burn-out (stress, pression, manque de temps et de rentabilité…), elle finit par raccrocher sa robe pour monter une entreprise d’organisation de mariages et d’événements. Une expérience passagère puisque 4 ans plus tard, elle décide de reprendre la robe avec pour seul objectif : exercer selon ses propres règles du jeu pour se créer une vie pro et perso sur-mesure et épanouissante.

Aude Bronner n’a alors cessé de se former pour exercer différemment son métier d’avocate (MARD, coaching, …). Aujourd’hui avocate en droit immobilier, elle est également formatrice ainsi que coach certifiée business et organisation exclusivement pour les avocat.es.

Son objectif:  partager à ses consœurs et confrères tout ce qu’elle a expérimenté et mis en pratique pour leur permettre, à eux aussi, de reprendre le contrôle de leur temps, gagner en productivité et efficacité, avoir une activité rentable et trouver leur équilibre pour s’épanouir dans leur vie et dans leur robe.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

C’est un sentiment auto-entretenu d’incompétence et de doutes en sa personne et ses compétences. Ce sentiment persiste malgré vos réussites scolaires, universitaires et vos succès professionnels. Il s’agit principalement d’un conflit entre la perception que l’on se fait des autres et la façon dont on se perçoit soi-même. 

Dès lors, le syndrome de l’imposteur est un sentiment qui n’a absolument rien à voir avec vos capacités, car vous l’êtes dans votre domaine. Vous avez simplement l’impression de ne pas l’être. C’est une inadéquation entre la réalité objective de vos compétences et ce que vous pensez réellement de vous.

Bon à savoir :

70% de la population mondiale souffre ou a déjà souffert du syndrome de l’imposteur.

Les femmes et les avocats sont particulièrement à risque. En effet, 64% des femmes disent avoir souffert de ce syndrome et 74% des avocats se disent touchés par ce syndrome de l’imposteur.

Quels sont les effets du syndrome de l’imposteur ?

Des réactions émotionnelles : 

Quand on est victime du syndrome de l’imposteur, on a des réactions émotionnelles. Quand on se croit moins compétent que ce que pense les autres, cela génère chez nous du stress et de l’anxiété. Une diminution de l’estime de soi apparaît alors.

Bon à savoir :

Une étude de l’ACE menée en 2017 nous dit que 70% des avocats sont concernés par le stress et que la moitié d’entre eux sont soumis à un stress excessif. C’est nettement plus que la moyenne de la population.

Afin de déjouer ce ressenti d’illégitimité ou d’incompétence, on se met à travailler plus que nécessaire, on va se surpasser.

Pourquoi cette parade comportementale ? Pour se prouver qu’on mérite son succès, qu’on est digne de son statut et l’appellation “maître”. En somme, cela permet de déculpabiliser.

Pourtant, se dépasser et travailler plus que nécessaire, est un des schéma de contournement du syndrome de l’imposteur qui est totalement vain. Cela ne va qu’alimenter votre sentiment d’imposture. Vous aurez toujours l’impression que vous pouvez faire davantage, travailler mieux et plus longtemps. C’est une spirale nuisible dont les conséquences peuvent, à terme, être très graves. Cela va développer davantage d’anxiété et entraîner des dépressions liées à cette culpabilité. Dans les cas les plus extrêmes, cela peut conduire au burn-out et pousser l’avocat à raccrocher sa robe.

Les sources et manifestations du syndrome de l’imposteur.

Il est important de savoir où ce syndrome prend racine. Il s’agit d’une combinaison multifactorielle : 

  • La pression parentale, à savoir la pression que les parentes mettent sur leurs enfants. Cela peut se traduire par l’exigence d’excellents résultats scolaires et d’avoir un comportement exemplaire. Un besoin de faire toujours plus pour être le ou la meilleur(e) va alors s’implanter durablement dans la tête de l’enfant.
  • Par ailleurs, certaines personnes ont des tendances perfectionnistes et visent toujours l’excellence afin d’asseoir une légitimité qu’ils ne pensent pas avoir.
  • La pression face à de nouvelles responsabilités. C’est notamment le cas lors d’une première collaboration. On veut faire bonne figure et faire plaisir au patron qui nous a fait confiance. On veut donner le meilleur de soi-même pour envisager éventuellement une association à l’avenir. Cela peut aussi arriver au moment de son installation.
  • Enfin, l’une des sources de syndrome provient des préjugés sociétaux (genre, origine). Par exemple, quand une femme devient mère, elle va parfois avoir moins de responsabilités ou encore voir ses clients se demander si elle va pouvoir continuer à gérer le dossier. De telles remarques laissent entendre que les compétences et l’intelligence s’en vont avec l’accouchement. Cela colle à la peau des femmes et nourrit un peu plus ce syndrome de l’imposteur.

Les 10 croyances limitantes les plus courantes chez les avocat(e)s impacté(e)s par le syndrome de l’imposteur : 

  • Je ne suis pas assez intelligent.e ;
  • Je n’ai pas suffisamment d’expérience ;
  • Je ne ferai jamais un bon leader ;
  • Je n’ai pas assez d’argent ;
  • Je ne réussirai jamais ;
  • Je ne suis pas capable ;
  • Je suis trop âgé.e ;
  • Je n’ai pas assez de temps ;
  • Je ne suis pas doué.e ;
  • Je ne ferai jamais partie des meilleur.es.

Vos croyances deviennent vos pensées, vos pensées deviennent vos mots, vos mots deviennent vos actions, vos actions deviennent vos habitudes, vos habitudes deviennent vos valeurs, vos valeurs deviennent votre destinée.  –  Gandhi

Comment se libérer du syndrome de l’imposteur ?

Il n’existe pas de formule magique. Se dire tous les matins que l’on est légitime, compétent, ou confiant est bien pour se booster et cultiver son mindset positif mais cela ne sert à rien si vous n’y croyez pas.

Pour déjouer des croyances limitantes, il existe cependant quelques clés : 

  • La recherche des preuves du contraire
  • L’ajout de nouvelles preuves de votre légitimité
  • L’acceptation des compliments

La recherche des preuves du contraire

La première clé est d’aller chercher les preuves du contraire. Cela signifie qu’il faut cumuler les preuves de vos réussites.

Exercice à faire chez soi pour rechercher ces preuves : 

  • Prenez une grande feuille de papier (si possible de taille A3). 
  • Placez la feuille au format paysage et tracez au milieu de cette feuille une ligne horizontale qui représentera votre ligne de vie. 
  • Sur l’extrémité gauche de cette ligne, vous mettez un 0 pour représenter votre naissance et tout à droite, votre âge actuel. 
  • Vous segmentez par la suite cette ligne par tranche de 5 ou 10 ans. 
  • Sur la partie supérieure de la feuille, indiquez alors tous les éléments marquants, positifs et négatifs, de votre vie professionnelle. (Bac, Master 1 ou 2, CAPA, 1ère collaboration, etc).
  • Sur la partie inférieure, indiquez les éléments marquants, positifs et négatifs, de votre vie personnelle. (Mariage, naissance de vos enfants, voyage bouleversant)

Une fois cette ligne de vie complétez avec vos réussites et succès, contemplez tous ces éléments de votre vie qui vous paraissaient insurmontables ou irréalisables. Regardez aussi tous les échecs ou moments difficiles que vous avez parfois transformés en réussites ou nouvelles opportunités. Les échecs sont finalement des expériences dont on va tirer des leçons.

Cet exercice permet de prendre de la hauteur par rapport à tout votre parcours et de prendre conscience de tout ce que vous avez accompli dans votre vie de manière objective. Ainsi, à ces preuves de réussites, vous pourrez sortir de ce sentiment d’incompétence ou d’illégitimité.

Vous pouvez aussi aller plus loin en réalisant une liste de vos dossiers marquants (tels que des dossiers perdus d’avance et que vous avez tout même gagnés) ou encore une liste des clients que vous avez pu aider voire même “sauver”.

Il faut donc être sincère avec soi-même et se rappeler que ce n’est pas donné à tout le monde d’être avocat et de défendre les intérêts de ses clients.

L’ajout de nouvelles preuves de votre légitimité

La deuxième clé sera d’ajouter de nouvelles preuves de votre légitimité

Chaque jour ou chaque semaine, essayez de réaliser certaines choses qui vous font peur. Rappelez-vous en par la suite et célébrez toutes ces réussites. Soyez fier(e)s de vous. Plus vous allez passer à l’action et plus vous allez avoir confiance en vous et gagner en légitimité. 

Dans le cas des avocats, si vous ne vous sentez pas légitime dans un dossier, allez vous former afin d’augmenter vos niveaux de compétences. Si vous n’êtes pas sûr(e) de vous sur certains points de droit, vous pouvez demander de l’aide sur des groupes d’entraide entre avocats sur les réseaux sociaux. Si vous ne vous sentez pas captivant(e) dans vos plaidoiries, inscrivez-vous à des cours d’improvisation ou de théâtre. 

Si vous sentez que vous n’avez pas assez d’expérience pour avoir un avis tranché sur un point de droit, écrivez un article et publiez-le sur les réseaux sociaux. Si vous ne vous sentez pas doué pour communiquer sur les réseaux sociaux, créez un compte Linkedin ou Instagram et postez un premier post. Si vous n’exercez que dans un domaine de droit en particulier depuis un certain temps mais que vous doutez encore de votre légitimité, alors passez la spécialisation et vous verrez bien que vous êtes compétents dans ce que vous faites.

En somme, passez à l’action ! Si vous sortez de votre zone de confort alors vous en serez fier(e) par la suite.

L’acceptation des compliments

Enfin, la troisième clé est d’accepter les compliments.

Accepter les compliments est important pour connaître sa propre valeur et reconnaître sa valeur, ses talents ou ses compétences. 

Si vous avez du mal à les accepter, n’hésitez pas à faire ce petit exercice : 

Notez ces compliments qu’on vous fait au quotidien dans un petit carnet ou dans vos notes sur votre téléphone. Ces compliments peuvent aussi bien provenir de votre vie professionnelle que personnelle. Dès lors, vous pourrez relire de temps en temps cette liste de compliments quand vous douterez de vous.

Si vous avez l’impression que vos clients ne vous adressent pas ou peu de compliments et remerciements, il faut aussi se rappeler que les gens sont plus souvent ouverts aux avis négatifs. Par ailleurs, les avocats ne demandent rarement de retours quant au travail effectué. Vous pouvez donc aller recueillir l’avis de vos clients. 

Prenez la liste de vos clients et envoyez leur un mail avec ou sans un petit questionnaire de satisfaction (sur google form par exemple) pour savoir ce qu’ils ont pensé de la qualité de votre accompagnement, du traitement du dossier ou encore de votre réactivité. Ce questionnaire ne sera donc pas corrélé au résultat du dossier du fait de l’aléa judiciaire mais s’attardera sur l’accompagnement et la qualité du travail effectué.

Si vous avez une page Google My Business pour votre cabinet, vous pouvez demander à vos clients d’aller mettre un avis sur Google. Vous serez très surpris de l’avis de vos clients et de ce regard extérieur sur vous. Ces avis seront objectifs car ils n’ont aucun intérêt à mentir et cela va nourrir votre confiance en vous et donc légitimer votre place en tant qu’avocat. 

Echouer, c’est avoir la possibilité de recommencer de manière plus intelligente – Henry Ford

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