Olga Balachowsky avocate
Prestation de serment de la première avocate, Olga Balachowski-Petit.

Qui est Olga Balachowsky-Petit ?

Si Olga Balachowsky-Petit a pu prêter serment, c’est grâce à la promulgation de la Loi n°1900-1201 du 1 Décembre 1900. Ce texte avait pour objet de permettre aux femmes munies des diplômes de licencié en droit de prêter le serment d’avocat et d’exercer cette profession.

Madame Petit n’a pas perdu de temps pour endosser la robe d’avocat, comme le relate un article du 6 décembre 1900 publié par Le Figaro dans une retranscription détaillée de l’audience de la 1ère Chambre de la Cour d’appel de Paris.

Ici, la future avocate allait prêter le serment exigé par la loi pour être admis à se faire inscrire à un barreau :

Sur les réquisitions de M. l’avocat général Jacomy, M. le greffier Piogey lit la formule du serment : « Je jure de ne rien dire ou publier, comme défenseur ou conseil, de contraire aux lois, aux règlements, aux bonnes mœurs, à la sûreté de l’Etat et à la paix publique, et de ne jamais m’écarter du respect dû aux Tribunaux et aux autorités publiques. » Treize licenciés, défilent à la barre prononçant un : « Je le jure ! » la plupart du temps énergique. Puis c’est le tour de Mme Petit. La jeune femme lève la main droite, aux doigts de laquelle on aperçoit plusieurs bagues, et dit : « Je le jure ! » d’une voix légèrement étranglée par l’émotion.

Extrait d’un article Le Figaro, 6 décembre 1900.

En prêtant serment le 6 décembre 1900, Maître Petit précède de quelques jours Jeanne Chauvin. Première femme docteur en droit, c’est elle qui déposa en 1897 la première proposition de loi à l’origine de la loi accordant l’accès au Barreau pour les femmes.

Maître Chauvin est également connu comme la femme avocate ayant plaidé la première en 1907, dans une affaire de contrefaçon de corsets.

Bon à savoir :
  • Maître Petit prête serment le 6 décembre 1900.
  • 1897 : première proposition de loi à l’origine de la loi accordant l’accès au Barreau pour les femmes.

Une évolution des droits des femmes (très) lente ?

Si l’auteur de l’article, simplement « un avocat », ne manque pas de ponctuer son récit de remarques sexistes pour qualifier la jeune avocate, le texte met bien en exergue le contexte social dans lequel Olga Balachowsky-Petit est devenue la première avocate de France.

 

Image : Gravure, fin du XIXᵉ siècle. Collection privée/Archives Charmet/Bridgeman

 

En effet, en 1900, le mouvement de suffragisme français est en pleine montée. Quelques 24 ans plus tôt, Hubertine Auclert, pionnière pour les féministes à venir, fonde le premier groupe suffragiste français : la société le Droit des femmes.

Ses revendications ? Le droit de se présenter aux élections ou encore le droit de vote. Il faudra cependant attendre le 21 avril 1944 pour que le droit de vote soit finalement accordé aux femmes.

Si les femmes pouvaient alors endosser la robe d’avocat dès 1900, c’est seulement à partir de la Loi n° 46-643 du 11 Avril 1946 que les femmes ont pu passer de l’autre côté de la barre et intégrer la magistrature.

Points clés à retenir :
  • 21 avril 1944 : le droit de vote est accordé aux femmes.
  • Loi du 11 Avril 1946 : les femmes peuvent intégrer la magistrature.

Qui était Maître Olga Petit ?

Sonia Olga Balachowsky-Petit est née Scheïna Léa Balachowsky, le 16 mars 1870, à Korson en Russie (désormais Korsun-Shevchenkovskiy en Ukraine). Elle se marie à Paris, le 28 mai 1896, avec Jules Petit, un avocat et journaliste politique.

Olga Petit soutient une thèse en droit : la loi et l’ordonnance dans les États qui ne connaissent pas la séparation des pouvoirs législatif et exécutif.

Le 6 décembre 1900, à l’âge de 30 ans, elle est la première femme française à prêter serment comme avocate.

Une du Petit Journal du dimanche 23 décembre 1900 représentant la prestation de serment d’Olga Petit.

 

Les avocates d’aujourd’hui dans la profession ?

Aujourd’hui, près de 120 ans après l’audience de la 1re Chambre de la Cour d’appel de Paris où Olga Balachowsky-Petit a prêté serment, la place des femmes dans la profession a radicalement changée.

Au 1er janvier 2019, les femmes représentaient en effet plus de la moitié (56,4%) de l’ensemble des avocats français. Soit quelque 38 629 femmes ayant prêté serment. Une particularité qui n’est pas que Parisienne, puisque le nombre de femmes est supérieur à celui des hommes dans 148 barreaux, soit 90% d’entre eux. Dans certains barreaux de grande taille, la parité est d’ailleurs loin d’être respectée, comme à Bordeaux où les avocates comptent pour 61,2% des effectifs.

Qu’est-ce que le Cercle Balachowsky ?

Parce que Justifit s’engage auprès des avocats pour devenir leur partenaire dans le développement de leur activité grâce au digital.

C’est la raison d’exister du Cercle Balachowsky, un lieu de rencontre, d’échange et d’apprentissage entre avocats.

Avec cette initiative, nous voulions conserver les valeurs traditionnelles chères aux avocats et les lier à la modernisation de la profession, notamment digitale. C’est pour cette raison que nous avons choisi de mettre à l’honneur Maître Balachowsky en empruntant son nom pour ce Cercle d’avocats.

A noter:

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