Porter plainte pour menace de mort et intimidation

Vous pouvez porter plainte pour menace de mort et intimidation dès lors qu’une personne vous menace de vous tuer, cherche à vous faire peur ou exerce une pression sur vous. Une menace seulement verbale doit être répétée pour être punissable. Une menace écrite, matérialisée par une image ou assortie d’une condition peut constituer une infraction dès le premier fait. Conservez les SMS, enregistrements, captures d’écran et témoignages, puis déposez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou auprès du procureur de la République. Un avocat spécialisé en droit pénal peut sécuriser vos preuves et défendre vos intérêts.

femmes-sans-visage-professionnel-travail

Qu’est ce qu’une menace de mort ?

Une menace de mort est un acte d’intimidation par lequel une personne fait savoir à une autre qu’elle entend la tuer. Elle se distingue de l’injure, qui consiste à tenir des propos outrageants, et de la diffamation, qui repose sur l’imputation d’un fait portant atteinte à l’honneur.

La menace peut être formulée en face à face, par téléphone, par SMS, dans une lettre, sur un réseau social ou au moyen d’une image ou d’un objet.

Besoin d'un avocat ?

Justifit vous met en relation avec l’avocat qu’il vous faut, près de chez vous.

Comment porter plainte pour menace de mort ?

La victime peut porter plainte dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie. Elle peut aussi adresser une plainte écrite au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent.

Avant de porter plainte, rassemblez toutes les preuves disponibles :

  • Les SMS, courriels et messages vocaux ;
  • Les captures d’écran ;
  • Les photographies ou vidéos ;
  • Les noms et coordonnées des témoins ;
  • Les relevés d’appels ;
  • Les certificats médicaux constatant un retentissement physique ou psychologique ;
  • Une chronologie précise des faits, avec leurs dates et leurs heures.

Si l’auteur est inconnu ou utilise un faux compte, la victime peut déposer une plainte contre X.

Lorsque l’identité de l’auteur est connue et que les preuves sont suffisantes, une citation directe peut permettre de saisir le tribunal correctionnel. Cette procédure présente toutefois des risques : la victime doit réunir elle-même les preuves, identifier la bonne qualification pénale et peut devoir verser une consignation. L’aide d’un avocat est recommandée.

À noter :
Si l’auteur menace la victime pour l’empêcher de porter plainte ou pour la contraindre à retirer sa plainte, les faits peuvent aussi relever de l’article 434-5 du Code pénal. Cette infraction est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.

Quel est le délai de prescription d’une menace de mort ?

La victime dispose de six ans pour porter plainte. Ce délai commence le jour où la menace a été proférée ou envoyée.

Si les menaces se répètent, conservez chaque message et notez la date de chaque incident. Ces informations aideront les enquêteurs à établir la chronologie des faits.

Le dépôt d’une main courante n’interrompt pas ce délai. Pour préserver ses droits et faciliter la recherche des preuves, la victime a intérêt à porter plainte sans attendre.

Quelles sont les sanctions pénales en cas de menaces de mort ?

En cas de menaces de mort, les sanctions pénales varient selon les circonstances :

  1. Une menace de mort simple est punie de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende (article 222-17 du Code pénal)​ 
  2. Si la menace est assortie d’une condition, proférée par le conjoint, le concubin, le partenaire lié par un PACS, ou motivée par la discrimination (ethnie, nation, race, religion, orientation sexuelle), la peine est de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende (articles 222-18 du Code pénal) et peut aller​ jusqu’ à 7 ans d’emprisonnement et à 100 000 euros d’amende (article 222-18-3 du Code pénal).

Quel est le coût d’une procédure pour menace de mort ?

Le dépôt de plainte est gratuit. En revanche, la victime peut engager certains frais au cours de la procédure :

  • Les honoraires de l’avocat ;
  • Le coût d’un constat de commissaire de justice ;
  • Les frais d’une expertise demandée à titre privé ;
  • En cas de condamnation, l’auteur des menaces peut également être tenu de verser des dommages et intérêts à la victime à condition que celle-ci se constitue partie civile lors du procès, dont le montant dépendra de la gravité des préjudices subis.

Les honoraires d’avocat sont fixés librement dans une convention écrite. Leur montant dépend de la complexité du dossier, du nombre d’audiences et des diligences nécessaires. Il n’existe donc pas de coût total standard applicable à tous les procès pour menace de mort.

À noter :
Pour les personnes ayant des revenus modestes, il est possible de bénéficier d’une aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou une partie des frais de justice y compris les honoraires d’avocat.

Comment un avocat peut-il aider une victime de menace de mort qui souhaite porter plainte ?

Un avocat spécialisé en droit pénal peut intervenir de plusieurs façons en faveur d’une victime de menace de mort souhaitant porter plainte. Voici comment :

  • Conseil juridique : L’avocat informe la victime de ses droits et des démarches à suivre. Il explique les implications légales des menaces de mort et les différentes étapes de la procédure judiciaire.
  • Rédaction et dépôt de plainte : L’avocat aide la victime à rédiger une plainte claire et précise, mettant en avant tous les éléments pertinents (témoignages, messages, enregistrements). Il peut également accompagner la victime au commissariat ou à la gendarmerie pour déposer la plainte.
  • Représentation en justice : Si l’affaire est portée devant le tribunal, l’avocat représente la victime, présente les preuves, interroge les témoins et défend les intérêts de la victime. Il prépare également la victime à l’audience et l’accompagne tout au long du processus judiciaire.
  • Constitution de partie civile : L’avocat aide la victime à se constituer partie civile afin de pouvoir demander des dommages et intérêts. Il rédige les documents nécessaires et explique les démarches à suivre pour obtenir une indemnisation.

Une menace de mort ne doit pas être minimisée. Dès les premiers faits, la victime peut préserver les messages, noter les dates, identifier les témoins et déposer plainte. Selon sa forme et le contexte, la menace peut être punie de trois à sept ans d’emprisonnement et de 45 000 à 100 000 € d’amende. La solidité des preuves et la qualification juridique retenue seront déterminantes.

FAQ

Une seule menace de mort suffit-elle pour porter plainte ?

Oui. La victime peut porter plainte dès la première menace. Pour être punissable sur le fondement de l’article 222-17, une menace verbale isolée doit toutefois être distinguée d’une menace matérialisée par un écrit, une image ou un objet.

Peut-on porter plainte sans preuve écrite ?

Oui. La victime peut déposer plainte et décrire les faits, même sans SMS ni courriel. Des témoignages, enregistrements, certificats médicaux ou éléments de contexte peuvent appuyer sa déclaration.

Une capture d’écran suffit-elle pour prouver une menace ?

Elle constitue un élément de preuve, mais elle peut être contestée ou jugée incomplète. Il faut conserver le message original, l’URL, l’identité du compte et, si nécessaire, demander un constat de commissaire de justice.

Peut-on se constituer partie civile après une menace de mort ?

Oui. La constitution de partie civile permet de participer à la procédure et de demander une indemnisation pour les préjudices directement causés par l’infraction.

Que faire si la menace paraît imminente ?

Il faut contacter sans délai la police ou la gendarmerie, notamment en composant le 17 ou le 112 en cas d’urgence, se mettre à l’abri et éviter toute confrontation avec l’auteur.

POINTS CLÉS À RETENIR

  • Une menace de mort peut être formulée oralement, par écrit, par téléphone, sur internet, au moyen d’une image ou d’un objet.
  • La victime peut porter plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier adressé au procureur de la République.
  • Les messages, captures d’écran, témoignages et autres preuves doivent être conservés avec leurs dates.
  • Le délai pour porter plainte est de six ans à compter des faits, tandis qu’une main courante n’interrompt pas ce délai.
  • Une menace de mort peut être punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende, voire de sept ans et 100 000 € dans certaines situations aggravées.
  • Le dépôt de plainte est gratuit, mais des frais d’avocat, de constat ou d’expertise peuvent s’ajouter au cours de la procédure.
  • Un avocat peut sécuriser les preuves, rédiger la plainte et aider la victime à demander une indemnisation.

Historique de l’article

Notre équipe met régulièrement à jour les contenus de Justifit afin de garantir des informations claires, actuelles et utiles au plus grand nombre.

11/08/2026 - Mise à jour par L’équipe Justifit
30/06/2022 - Création de l’article par L’équipe Justifit
Voir plus >

Choisissez votre avocat

Cherchez l’avocat qui vous convient le mieux parmi 2000 avocats. Nous vous mettrons en relation.

Contacter un avocat

Avis des utilisateurs Justifit :

Avis Google Justifit
4,8
(657 avis)