lucien bole-richard avocat

Pouvez-vous vous présenter ?

« J’ai intégré le barreau de Paris en 2020 et j’ai maintenant 32 ans.

Grâce à une procédure autorisée par l’Union Européenne, j’ai pu acquérir le statut d’avocat établi dans un autre pays de l’Union Européenne. Mon choix s’est porté sur le sud de l’Italie, près de Naples. Je suis donc affilié au barreau en Italie ainsi qu’au barreau de Paris. 

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Je bénéficie également de l’autorisation d’exercice principal à l’étranger. »

Bon à savoir :

Tout avocat membre du barreau de Paris peut demander une autorisation d’exercice principal à l’étranger, à l’attention du Bâtonnier, sollicitant l’autorisation du conseil de l’Ordre.

Travaillez-vous dans un cabinet en France et en Italie ?

« En Italie, je travaille avec un cabinet d’avocats. J’ai le titre d’avocato stabilito, ce qui est un statut temporaire et intermédiaire en attendant de devenir avocato, au bout de 3 ans d’exercice. Je travaille depuis 1 an et demi en collaboration au sein d’un cabinet de 8 avocats, dont un avocat référent francophone auprès du consulat de France à Naples. Cela me permet de ne pas être trop éparpillé dans mes tâches professionnelles. 

En France, j’exerce à titre individuel bien qu’il m’arrive de travailler en collaboration avec d’autres avocats sur des dossiers. »

Êtes-vous basé principalement en France ou en Italie ?

« La particularité de mon cabinet est qu’il est pluridisciplinaire franco-italien. Ainsi, il est basé à Paris comme en Italie, mais je travaille sur l’ensemble des territoires français et italien, aussi bien en droit français qu’en droit italien. Par exemple, j’ai des collègues à Lyon, à Paris, à Turin, à Naples, etc. Ce réseau transfrontalier de professionnels du droit et des affaires nous permet de garantir une qualité de services à nos clients ainsi qu’une disponibilité, où qu’ils soient. »

Quels sont vos domaines d’intervention ?

« J’exerce en contentieux comme en conseil. Nous assistons, conseillons et défendons les clients particuliers ainsi que les entreprises devant les juridictions françaises et italiennes. Dans le sud de l’Italie, beaucoup de relations commerciales entre la France et l’Italie existent. Notre rôle est d’aider les sous-traitants et les personnes qui ont besoin de conseils juridiques. Certains clients français en Italie peuvent aussi être intéressés par des conseils juridiques fournis par des avocats qui parlent leur langue. »

Dans quelle langue exercez-vous votre métier d’avocat ?

« Je parle français, italien et anglais, bien sûr. Il est important de maîtriser l’anglais qui reste tout de même, où que l’on aille, la langue privilégiée des échanges internationaux. »

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Et au niveau du droit international ?

« Le terme “Droit international” regroupe en réalité un domaine très vaste. Nous exerçons en droit commercial, en droit des sociétés et en droit des affaires aussi bien dans un cadre national que transnational. Dans le domaine de droit commercial, il s’agit de tout ce qui relève des contrats commerciaux et des relations commerciales au sens large. En droit des sociétés, nous assistons dès la création de l’entreprise et nous assurons le suivi des sociétés.

En droit du travail, même à Paris, des clients de sociétés italiennes établis en France sollicitent notre expertise. Il y a forcément des litiges commerciaux au sein des entreprises à traiter, lors desquels le suivi des droits des salariés est primordial. 

Ainsi, nous aidons par exemple des particuliers qui souhaitent acheter de l’immobilier en Italie.  Il est difficile, d’autant plus pour les clients étrangers, de trouver un interlocuteur de confiance sur place qui puisse assurer le suivi de l’acquisition ou de la vente, notamment du fait de la difficulté de suivre le dossier à distance. Nous garantissons à nos clients un accompagnement lors du processus d’achat ou de vente d’immobilier à l’étranger. En effet, créer une relation de confiance avec nos clients est l’une de nos priorités. »

La vision de l’avocat par les justiciables est-elle la même en Italie qu’en France ?

« Tout d’abord, la relation entre l’avocat et le justiciable en Italie n’est pas du tout la même qu’en France. 

En Italie, la recherche d’avocats se fait plutôt par le bouche-à-oreille. Tout le monde connait un ami, a un voisin ou un cousin qui est avocat notamment parce que le nombre d’avocats en Italie est plus de trois fois plus important qu’en France.

Le mode de travail en Italie est beaucoup plus “local” qu’en France. Il faut bien connaître le territoire pour s’intégrer, et connaître les codes de l’avocat sur place. Enfin, la réputation d’un avocat compte énormément.

En France, même si j’ai commencé à travailler seul en tant qu’avocat, j’ai trouvé des clients relativement vite. Les gens préfèrent toutefois se renseigner sur internet avant de rencontrer l’avocat. »

Est-il compliqué de travailler en tant qu’avocat à la fois en France et en Italie ?

« Ce n’est pas excessivement compliqué d’assurer ma profession sur deux fronts différents. Étant donné que je ne peux pas être partout à la fois, il est important d’utiliser les nouvelles technologies comme la visioconférence pour communiquer. Le plus important est de rester joignable et réactif. J’ai des clients qui ne sont ni à Paris ni à Naples et il n’est pas nécessairement indispensable de se rencontrer physiquement. En Italie, nous avons des correspondants un peu partout, de la Sicile jusqu’à Turin. Personnellement, je travaille avec un confrère basé à Lyon et Marseille et avec des correspondants à Paris. Mon confrère peut recevoir le client ou se rendre en audience s’ il y a une urgence. Cela me permet d’effectuer moins de déplacements sur le mois. En s’organisant avec des correspondants de qualité sur l’ensemble des territoires français et italiens, nous avons la capacité d’offrir aux justiciables une solution sur-mesure. 

De plus, nous pouvons constater une disparité du nombre d’avocats francophones et anglophones, entre le Nord et le Sud de l’Italie. Il s’agit d’offrir des solutions juridiques sur un territoire géographique qui manque de Cabinets d’Avocats de dimension internationale. »

Des anecdotes juridiques à nous raconter ?

« Il m’est déjà arrivé plus d’une fois qu’un client vienne me voir pour une question strictement italienne en Italie ou strictement française en France, puis me confie un dossier dans l’autre pays. Les clients ne se rendent pas nécessairement compte tout de suite qu’ils vont avoir besoin d’une assistance dans les deux pays et qu’ils peuvent s’adresser au même conseil.

Mon dernier dossier ? Il s’agissait d’une société de droit français, dirigée par une personne italienne, basée à Paris, qui était tout à fait contente de pouvoir parler italien avec son avocat. Avoir un avocat qui parle sa langue est plus agréable et permet de nouer un lien et une relation de confiance avec le justiciable. »

Un mot pour vos confrères ?

« Dans l’exercice de ma profession d’avocat, j’adore travailler à titre individuel. J’aime beaucoup être indépendant. Selon moi, on peut travailler en synergie sans être obligatoirement associé de façon officielle. Souvent, je transmets des dossiers que je maîtrise moins à des collègues qui peuvent m’aider et vice-versa. La synergie entre confrères me semble très importante pour le bon fonctionnement d’un cabinet d’avocats.

J’associe l’indépendance au travail collectif. Grâce à cela, on peut tout inventer dans le métier d’avocat. Discuter avec un confrère est très positif et enrichissant. Dans le métier d’avocat, il est important de garder sa motivation et sa curiosité intellectuelle. Il est primordial de ne pas s’enfermer dans sa propre réflexion et prendre un peu de recul. C’est le meilleur moyen d’apporter le meilleur conseil possible à ses clients. »

Bon à savoir :

Si vous avez aimé cette interview de Maître Lucien Bôle-Richard, n’hésitez pas à consulter les autres portraits d’avocats sur notre blog Maîtrise pour en savoir plus sur vos confrères !