Allocation chômage ARE : conditions et montants en 2026
Vous avez droit au chômage (ARE) si vous avez perdu involontairement votre emploi (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle) ou, dans certains cas, après une démission légitime (par exemple en cas de changement de résidence pour suivre votre conjoint ou de non-paiement du salaire). Cette allocation, versée par France Travail, est calculée à partir de vos anciens salaires et dépend de votre durée d’activité. Elle est accordée sous conditions, notamment d’inscription comme demandeur d’emploi et de recherche active d’un travail. En cas de refus d’indemnisation ou de doute sur vos droits, un avocat en droit du travail peut vous accompagner.

À RETENIR : Que faut-il savoir sur le droit au chômage ?
- L’ARE est une aide aux personnes ayant perdu involontairement leur emploi ou ayant démissionné pour un motif légitime ;
- Son montant dépend du salaire perçu durant les 24 derniers mois si vous avez moins de 55 ans et 36 mois si vous avez 55 ans ou plus (au lieu de 53 ans précédemment).
Vous voulez connaître vos droits au chômage ? Les informations ci-dessous vous éclaireront sur le sujet.
Qui peut percevoir le chômage ?
L’ARE s’adresse à tout travailleur ayant perdu involontairement son emploi et qui respecte les conditions suivantes :
- Être inscrit à France Travail dans un délai de 12 mois après la rupture du contrat de travail ;
- Résider sur le territoire français ;
- Être apte à travailler ;
- Être à la recherche d’un emploi ;
- Avoir travaillé au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) sur une période de 24 mois pour les moins de 55 ans, et sur 36 mois pour les personnes âgées de 55 ans ou plus.
- Ne pas prétendre à une retraite à temps plein.
Combien de temps faut-il travailler pour toucher le chômage après démission ?
La démission, étant une rupture volontaire du contrat de travail, n’ouvre pas droit à l’ARE, sauf si elle est justifiée par un motif légitime (déménagement, reconversion, mission d’intérêt général, etc.).
En l’absence de motif légitime, le salarié démissionnaire peut, à partir de 121 jours (4 mois) après son inscription à France Travail, demander un réexamen de sa situation. Si sa recherche active d’emploi est avérée et documentée, il peut alors, sous co nditions, récupérer son droit à l’allocation chômage.
Démission chômage : loi Macron
La loi Macron de 2019 permet à un salarié d’obtenir l’ARE si la démission est justifiée par un projet personnel et que le salarié a travaillé au moins 5 ans de manière continue.
Rupture conventionnelle et chômage
Pour percevoir l’allocation chômage en cas de rupture conventionnelle, il est obligatoire de faire homologuer la convention de rupture.
Droits au chômage après un contrat d’alternance
Les salariés en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage cotisent pour le chômage comme tout autre salarié. À la fin de leur contrat, ils peuvent prétendre à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) s’ils remplissent les conditions habituelles (durée de travail, recherche active d’emploi, etc.). De plus, les anciens alternants bénéficient du droit d’option, leur permettant de recalculer leur allocation en fonction de nouveaux emplois mieux rémunérés.
ARE et chômage partiel
Le chômage partiel, aussi appelé chômage technique, est un procédé permettant à une entreprise de réduire partiellement son activité afin d’éviter la fermeture. Il implique la réduction des heures de travail des salariés, et non pas une rupture du contrat de travail. Ainsi, il ne permet pas de percevoir l’ARE. Toutefois, les salariés concernés par cette mesure peuvent obtenir une allocation de chômage partiel.
Chômage en 2026 : les règles issues de la réforme 2025
Une nouvelle série de règles encadrant l’indemnisation chômage est entrée en vigueur le 1er avril 2025. Ces évolutions, issues de la convention d’assurance chômage 2025-2028, visent à harmoniser le système tout en l’adaptant aux réalités actuelles du marché du travail. Voici les principaux changements à connaître :
- Versement mensualisé : l’allocation chômage (ARE) est désormais versée sur la base fixe de 30 jours par mois, quel que soit le mois concerné. Le montant ne varie donc plus en fonction du nombre de jours calendaires (28, 30 ou 31).
- Nouvelles tranches d’âge :
– Pour bénéficier d’une durée d’indemnisation prolongée, il faut désormais avoir 55 ou 56 ans pour percevoir l’ARE pendant 22,5 mois (685 jours), et 57 ans ou plus pour toucher jusqu’à 27 mois (822 jours).
– La période de référence pour calculer les droits passe de 24 à 36 mois pour les personnes de 55 ans et plus (au lieu de 53 ans auparavant).
- Dégressivité supprimée dès 55 ans : les allocataires âgés de 55 ans et plus ne sont plus concernés par la dégressivité appliquée à partir du 7e mois (baisse de 30 % du montant), même s’ils perçoivent une allocation journalière élevée.
- Formation : les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus qui suivent une formation voient leur durée d’indemnisation allongée de 137 jours (ou 182 jours en outre-mer).
- Travailleurs saisonniers : la condition d’ouverture des droits est allégée : il suffit d’avoir travaillé 5 mois (au lieu de 6) sur les 24 derniers mois. La durée minimale d’indemnisation est elle aussi fixée à 5 mois.
- Reprise d’emploi : si un allocataire reprend un emploi mais le quitte avant 88 jours travaillés (≈ 4 mois), il peut récupérer ses droits au chômage, sans que cela soit considéré comme une démission volontaire.
- Offre raisonnable d’emploi : les attentes salariales doivent désormais être alignées sur les rémunérations françaises. Il n’est plus possible de justifier un refus d’offre d’emploi en se basant sur des salaires étrangers (exemple : Suisse, Luxembourg).
- À compter du 1er juillet 2025, les montants des allocations chômage sont revalorisés de 0,5 %. Cette augmentation s’applique automatiquement dès l’actualisation mensuelle des droits :
– Montant minimal journalier ARE : 32,13 € (16,05 € à Mayotte) ;
– Partie fixe de l’ARE : 13,18 € par jour ;
– Plancher de l’AREF : 22,99 € (11,51 € à Mayotte) ;
– Plancher relatif à la dégressivité : 92,57 € par jour.
Comment est calculée l’allocation chômage ?
La simulation chômage est basée sur le salaire journalier de référence du travailleur.
Estimation du salaire journalier de référence ou SJR
Le SJR correspond à la rémunération perçue par le salarié sur une période de référence. Son calcul prend en compte le salaire brut et les primes perçus par le salarié durant cette période.
SJR pour un salarié de moins de 55 ans
Pour cette tranche d’âge, la période de référence est de 2 ans. Le SJR est alors obtenu en divisant la somme totale obtenue par le travailleur durant ce délai divisé par le nombre de jours calendaires de cette période, soit 731 jours.
SJR pour un salarié de plus de 55 ans
Pour les salariés de 55 ans et plus, la période de référence est de 3 ans (36 mois).
Calcul de l’ARE
L’ARE peut être déterminée de deux façons différentes suivant la formule la plus avantageuse pour le travailleur :
- 13,18 € + 40,4 % du SJR ;
- 57 % du SJR.
Le montant obtenu ne peut pas être inférieur à 32,13 € et supérieur à 75 % du salaire journalier du travailleur.
Cas pratique :
Paul, 39 ans, travaillait en CDI dans le secteur du commerce. Suite à un licenciement économique en Janvier 2026, il s’inscrit à France Travail.
Au cours des 24 derniers mois, il a perçu un total de 36 000 € brut.
Objectif : déterminer combien il va toucher au chômage (ARE).
Pour cela, France Travail procède en deux étapes :
- calculer un salaire de référence (SJR)
- puis déterminer le montant de l’allocation journalière
1. Calcul du salaire journalier de référence (SJR)
SJR = salaire total ÷ nombre de jours retenus
- 36 000 € ÷ 600 jours = 60 €
2. Calcul de l’allocation journalière (ARE)
- 40,4 % × 60 € + 13,18 € = 37,42 €
- 57 % × 60 € = 34,20 €
Le montant retenu est le plus avantageux : 37,42 € par jour
3. Montant mensuel
Depuis la réforme, l’allocation est versée sur une base fixe de 30 jours :
- 37,42 € × 30 = 1 122,60 € brut par mois
Simulateur indemnité chômage
Le site internet de France Travail propose des outils de simulation pour estimer le montant de l’ARE.
L’ARE est versée sur une période de :
- 18 mois (548 jours) pour les personnes de moins de 55 ans ;
- 22,5 mois (685 jours) pour les personnes âgées de 55 à 56 ans ;
- 27 mois (822 jours) pour les personnes de 57 ans et plus.
Comment un avocat peut-il vous aider à percevoir le chômage ?
Les services d’un avocat sont indispensables dès la procédure de rupture du contrat de travail pour faciliter l’obtention de l’ARE. En effet, ce professionnel peut :
- Assister : il accompagne le salarié lors de la procédure de rupture afin d’assurer le respect de tous ses droits ;
- Rédiger : en cas de rupture conventionnelle, ce professionnel peut rédiger la convention de rupture afin de faciliter son homologation ;
- Protéger : en cas de litige, il peut représenter son client devant le juge.
Pour conclure, l’ARE est une indemnité réservée aux salariés ayant perdu involontairement leurs emplois. Elle est calculée en se basant sur le salaire de référence du travailleur concerné et est versée durant une période déterminée. Les montants de l’ARE sont actualisés chaque année.
FAQ
Peut-on cumuler chômage et petit job ?
Oui. Il est possible de cumuler l’allocation chômage (ARE) avec une activité professionnelle, à condition de rester inscrit à France Travail et de déclarer ses revenus chaque mois. L’allocation est alors réduite (environ 70 % des revenus sont déduits), et le total ne peut pas dépasser l’ancien salaire. Ce mécanisme permet de prolonger la durée d’indemnisation.
Quand commence le versement du chômage ?
Le versement de l’ARE ne débute pas immédiatement. Il existe un délai d’attente de 7 jours minimum, auquel peuvent s’ajouter des différés (congés payés, indemnités de rupture).
Faut-il déclarer ses revenus chaque mois ?
Oui. Vous devez obligatoirement vous actualiser chaque mois auprès de France Travail. En cas d’oubli, le versement de votre allocation peut être suspendu.
Peut-on refuser une offre d’emploi ?
Oui, mais seulement si elle n’est pas considérée comme une offre raisonnable d’emploi. Des refus répétés sans motif valable peuvent entraîner une radiation ou une suspension des droits.
Que faire en cas de refus d’indemnisation ?
Vous pouvez contester la décision de France Travail. Il est possible de saisir le médiateur ou de faire appel à un avocat en droit du travail pour défendre vos droits.
POINTS CLÉS À RETENIR
- L’ARE est une indemnité destinée aux salariés ayant perdu leur emploi involontairement ou dans certaines conditions après une démission ou une rupture conventionnelle ;
- Le calcul est basé sur le salaire journalier de référence (SJR) établi sur 24 mois pour les moins de 55 ans et 36 mois pour les 55 ans et plus ;
- La durée d’indemnisation varie de 18 à 27 mois selon l’âge, avec des conditions avantageuses en cas de formation pour les plus de 55 ans ;
- Le versement est mensualisé sur une base de 30 jours, peu importe le mois ;
- À partir de 55 ans, la dégressivité de l’ARE ne s’applique plus ;
- Faire appel à un avocat spécialisé peut optimiser vos chances d’obtenir ou de contester vos droits au chômage.
Articles Sources
- service-public.fr - https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R17654
- service-public.fr - https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A17953
- unedic.org - https://www.unedic.org/actualites/allocations-d-assurance-chomage-revalorisation-de-0-5-au-1er-juillet-2025
- service-public.fr - https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15787
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