Depuis quelques années, le cyber-harcèlement s’est fortement répandu du fait de l’évolution technologique. Dans la majorité des cas, ce sont les jeunes âgés de 18 à 24 ans qui en sont victimes, souvent sur les réseaux sociaux. Cependant, ce type de harcèlement ne constitue pas seulement un délit punissable par la loi, il présente également un impact sur la santé mentale et physique de la personne harcelée (insomnie, angoisse, stress, dépression, maux de ventre, etc.). Vous êtes victime d’un cyber-harcèlement et vous ne savez pas quoi faire ? Pas de panique ! Vous pouvez porter plainte ou faire un signalement en ligne à la gendarmerie. N’hésitez pas non plus à faire appel à un avocat spécialisé en droit pénal pour vous assister. Quels sont les recours en cas de cyber-harcèlement ? Les détails.
Alt="Cyber-harcèlement, quels recours ?"

Qu’est-ce que le cyber-harcèlement ?

Pour mieux comprendre le cyber-harcèlement, il est d’abord important de connaître le sens du mot harcèlement. En voici les définitions.
Le harcèlement est un acte effectué de manière répétitive ayant pour objet d’altérer la santé physique ou mentale de la victime par des menaces, des propos obscènes, des attaques verbales, des appels ou des messages malveillants.
Le cyber-harcèlement est donc une forme de harcèlement qui se pratique sur Internet (réseaux sociaux, courriers électroniques, jeux en ligne, forums, etc.) de façon répétée à l’encontre de la victime. Il se présente sous différentes formes : intimidations, insultes, menaces en ligne, propagation de rumeurs, piratage de comptes…

Quelles sont les conséquences du cyber-harcèlement ?

Par rapport au harcèlement classique, le cyber-harcèlement présente des conséquences plus graves en raison de son caractère particulier (anonymat, pouvoir de dissémination, public élargi, etc.). En effet, les agresseurs peuvent cibler plusieurs personnes à la fois sans être interpellés par quiconque au moyen d’Internet et des téléphones portables. De plus, les contenus diffusés (insultes, moqueries, menaces, etc.) se répandent de manière incontrôlable. Les victimes se trouvent ainsi dans l’incapacité d’agir face à cette diffusion massive et instantanée, ce qui affecte considérablement leur état de santé. Dans les cas extrêmes, cette situation risque de les inciter à se suicider.
Bon à savoir
D’après l’UNESCO, 246 millions d’enfants et d’adolescents sont touchés par le cyber-harcèlement, poussant la plupart à des idées suicidaires. Ce chiffre ne cesse d’augmenter du fait de l’évolution technologique.

Les personnes les plus à risque

Selon les experts, les élèves sont les cibles principales des cyber-harceleurs. En plus d’être harcelés à l’école, ils subissent les mêmes injures sur les réseaux sociaux et diverses plateformes en ligne. De ce fait, ils vivent un état d’insécurité permanent et se sentent encore plus fragilisés et isolés. Les parents doivent ainsi agir s’ils constatent des symptômes particuliers à l’égard de leurs enfants (perte de confiance en soi, isolement, frustration, stress, dépression…).
Du côté de l’agresseur, adopter cette forme de harcèlement sur le long terme n’est pas sans conséquence. En effet, elle risque d’engendrer des troubles comportementaux à un âge ultérieur. En d’autres termes, le cyber-harceleur développera l’idée que ses actes n’ont pas de réel impact, ce qui l’incitera à aggraver la situation de sa victime ou à harceler d’autres personnes.
À noter
En France, 40 % des élèves affirment avoir été victimes du cyber-harcèlement. Les moyens les plus utilisés par les agresseurs sont les textos, les appels téléphoniques malveillants et l’usurpation d’identité.

Les solutions à envisager en cas de harcèlement en ligne

Si vous subissez un acte de harcèlement en ligne, la meilleure solution est de faire appel à un avocat pour que l’affaire soit suivie par un professionnel. Il existe également d’autres méthodes pour lutter contre le cyber-harcèlement.

Enregistrer tout

Création de faux comptes à votre image, lynchage sur les réseaux sociaux, pornodivulgation… Le cyber-harcèlement peut se pratiquer sous plusieurs formes. Pour y remédier, le premier réflexe à avoir est de récolter le maximum de preuves afin de les utiliser lors d’une procédure judiciaire. En d’autres termes, il faut effectuer des captures écran ou enregistrer les contenus diffusés par le cyber-harceleur. Cependant, ces preuves numériques doivent être authentifiées par un huissier pour qu’elles soient valides.
Vous pouvez également vous rendre au commissariat pour déposer une main courante afin d’anticiper d’éventuelles poursuites. À savoir que cette mesure n’a aucune conséquence et n’ouvre pas d’enquête.

Prévenir ses proches et la plateforme

Une personne victime de harcèlement en ligne ne doit pas gérer la situation toute seule, surtout s’il s’agit d’un adolescent ou d’un enfant. Elle doit en effet se confier à un proche de confiance pour résoudre le souci. Il est également indispensable d’avertir la plateforme sur laquelle les contenus malsains ont été diffusés, que ce soit sur Facebook, Twitter, YouTube ou Instagram. D’ailleurs, la loi stipule que les plateformes en ligne s’exposent à des poursuites judiciaires si elles n’agissent pas après un signalement.

Vérifier s’il s’agit bel et bien d’un harcèlement, puis porter plainte

Un contenu injurieux à votre encontre ne constitue pas forcément un harcèlement. Pour que ce soit le cas, il faut que les agissements du cyber-harceleur s’effectuent de manière répétitive jusqu’à avoir un réel impact sur la santé de la victime (stress, dépression…). Le cas échéant, il faut réunir suffisamment de preuves avant de porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. À noter que vous disposez d’une durée de prescription de 6 mois pour agir.

Quelles sont les sanctions prévues en cas de cyber-harcèlement ?

Le cyber-harcèlement constitue un délit punissable par la loi au même titre que le harcèlement classique. En effet, l’article 222-33-2 du Code pénal affirme que « Le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende ».
Bon à savoir
Les sanctions sont encore plus sévères si les actes du cyber-harceleur touchent les fonctionnaires d’État (avocats, policiers, pompiers, etc.). La loi prévoit en effet une peine d’emprisonnement de 3 ans et 45 000 € d’amende.
En bref, si une personne vous harcèle sur Internet, il ne faut pas hésiter à porter plainte au risque d’aggraver votre situation. Vous pouvez faire appel à un avocat spécialisé en droit pénal pour qu’il vous accompagne dans les démarches à suivre.