La question de la retraite concerne tous les travailleurs français. En effet, elle détermine la pension perçue une fois l’âge légal de la retraite atteint. Néanmoins, un actif peut anticiper ce départ. Pour plus de renseignements sur les conditions à respecter pour la retraite anticipée, veuillez consulter un avocat spécialiste en droit du travail. Il existe plusieurs régimes de retraite. Qu’est-ce que l’assurance retraite ? Comment les régimes de retraite fonctionnent-ils ?
Alt="Assurance retraite : tout savoir en 4 points"

Qu’est-ce qu’une assurance retraite ?

En 2019, la France a enregistré plus de 662 000 nouveaux retraités, avec un âge moyen de départ à la retraite de 62,8 %, soit une légère hausse de 0,1 % par rapport à l’année 2018. En revanche, le nombre des retraites anticipées a diminué. En effet, les personnes parties en retraite avant l’âge légal étaient de 142 777, contre 150 049 en 2018.
L’assurance retraite a pour objectif d’assurer un revenu aux travailleurs, une fois qu’ils sont à la retraite. Elle a été créée en 1945, avec la naissance de la Sécurité sociale. Trois principaux régimes sont disponibles, en fonction de la catégorie du travailleur :

  • Le régime pour les employés du secteur privé ;
  • Le régime pour les travailleurs indépendants ;
  • Le régime spécial des salariés.

Chaque régime est principalement composé d’une assurance de base, et d’une ou plusieurs assurances complémentaires. L’actif peut aussi souscrire un régime de retraite supplémentaire.
Bon à savoir :
En plus des assurances retraite, les travailleurs peuvent souscrire à un plan d’épargne retraite (PER). Le PER offre quelques avantages, dont la possibilité de récupération du capital en cas d’urgence.

L’assurance retraite de base

La retraite de base est un régime obligatoire pour tous les travailleurs. Durant leur vie professionnelle active, ils cotisent auprès de la caisse de retraite. Une fois à la retraite, une pension leur sera versée.
La retraite de base fonctionne suivant le principe de la solidarité intergénérationnelle, aussi appelé système par répartition. Les cotisations des travailleurs d’aujourd’hui servent à payer la pension des personnes à la retraite actuellement.

Les caisses de retraite de base

Il existe de nombreuses caisses de retraite. Un travailleur doit obligatoirement être affilié à une caisse au minimum. Cette affiliation se fait automatiquement. Néanmoins, l’actif peut s’inscrire à plusieurs caisses de retraite.

Les conditions à respecter

Pour bénéficier de la retraite de base, il faut atteindre l’âge légal de la retraite de 62 ans. Cependant, quelques circonstances permettent de partir à la retraite avant cet âge. Ainsi, les employés souffrant d’un handicap ou ayant eu une longue carrière professionnelle peuvent demander une retraite anticipée.
Le retraité perçoit la totalité de la pension de retraite s’il valide la durée de l’assurance, soit le nombre de trimestres nécessaire. Dans le cas contraire, le taux de la retraite sera calculé suivant les trimestres validés. Il est alors question d’une décote.
À noter :
Le taux plein varie en fonction du régime d’affiliation du travailleur :

  • 50 % pour le régime général des salariés ;
  • 75 % pour le régime spécial des fonctionnaires ;
  • 100 % pour les professionnels libéraux.

La décote

La décote est une pénalisation appliquée au calcul de la retraite de base, dans le cas où les conditions pour obtenir le taux plein ne sont pas respectées :

  • Nombres de trimestres ;
  • Départ anticipé.

Bon à savoir :
Un travailleur ayant atteint l’âge légal de la retraite, mais qui n’a pas obtenu le nombre de trimestres validés, n’est pas pénalisé. Ainsi, le montant de sa retraite sera calculé suivant le nombre de trimestres qu’il a validé.

Comment calculer la retraite de base ?

Plusieurs paramètres sont utilisés pour calculer le montant de la retraite de base. Il faut tenir compte du salaire annuel moyen du travailleur, de la durée de l’assurance ou encore du taux de liquidation. De plus, le calcul diffère suivant le statut de l’individu. Ainsi, les méthodes appliquées au calcul de la pension de retraite d’un salarié et d’un fonctionnaire sont différentes.
Le salaire annuel moyen est obtenu en déterminant la rémunération moyenne du travailleur pour les 25 meilleures années. Les salaires les plus faibles, ainsi que le salaire durant l’année de départ à la retraite ne sont pas pris en compte.
Bon à savoir :
La retraite de base peut aussi être majorée, si le travailleur décide de continuer à exercer après avoir atteint l’âge légal de la retraite.

La retraite complémentaire

Obligatoire pour tous les travailleurs, la retraite complémentaire complète la retraite de base. Comment fonctionne-t-elle ? Quelle est la différence entre les deux assurances retraite ?

Retraite complémentaire : un système basé sur des points

Si la retraite complémentaire et la retraite de base sont basées sur le système par répartition, elles se différencient par leurs modes de calcul. En effet, dans le cadre de la retraite de base, l’actif valide des trimestres. En revanche, la retraite complémentaire est calculée en fonction des points obtenus par le travailleur jusqu’à l’âge de la retraite. Au cours de sa vie professionnelle, il verse des cotisations qui seront transformées en points. Le montant de sa pension de retraite équivaudra au nombre de points multiplié par leur valeur à l’année de son départ à la retraite. En effet chaque année, la valeur des points de retraite fait l’objet d’une réévaluation.

Un régime différent pour chaque catégorie socioprofessionnelle

Depuis 1972, l’organisme chargé du versement de la retraite complémentaire varie en fonction de la catégorie socioprofessionnelle de l’actif.

  • La retraite complémentaire des salariés

Les salariés du secteur privé sont affiliés au régime unifié Agirc-Arrco. Il s’agit d’un régime paritaire, géré et organisé par les organisations syndicales des employeurs et des salariés.
Le régime Agirc-Arrco résulte de la fusion de l’Association Générale des Institutions de Retraites des Cadres (AGIRC) et de l’Association pour le Régime de Retraite Complémentaire des Salariés (ARRCO), le 1er janvier 2019.
Chaque mois, tous les salariés cotisent pour leur retraite complémentaire. Les cotisations sont prélevées par l’employeur et versées auprès de la caisse de retraite complémentaire. Celle-ci se chargera ensuite, de la transformation des cotisations versées en points.

  • Pour les autres catégories socioprofessionnelles

Les fonctionnaires de l’État, hospitaliers et territoriaux sont affiliés à la RAFP (Retraite Additionnelle de la Fonction Publique).
Pour les agents contractuels de droit public, le régime de retraite complémentaire est l’Ircantec (Institution de Retraite Complémentaire des Agents Non Titulaires de la fonction publique de l’État et des Collectivités publiques).
Les exploitants agricoles, qui ne sont pas liés par un contrat de travail, sont affiliés à la MSA (Mutualité Sociale Agricole).
Les commerçants, les artisans et les industriels indépendants versent leurs cotisations à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants).
Enfin, la retraite complémentaire des auteurs d’œuvres originales et des artistes est gérée par l’IRCEC (Institution de la Retraite Complémentaire de l’Enseignement et de la Création).

La retraite supplémentaire ou surcomplémentaire

Souscrire une assurance retraite supplémentaire est facultatif. Aujourd’hui, bien que plus de 95 % des citoyens français n’en disposent pas, ce chiffre tend à augmenter.

Les avantages de la retraite supplémentaire

Actuellement, les pensions offertes par le régime de base et le régime de retraite complémentaire ont tendance à baisser. Cette baisse est principalement due à l’espérance de vie qui devient de plus en plus longue, l’entrée tardive dans la vie active et le nombre important des retraités. Par conséquent, les cotisations des travailleurs d’aujourd’hui ne suffisent plus pour financer correctement les pensions des personnes parties à la retraite. De plus en plus d’actifs prennent conscience de cet inconvénient du système par répartition. Ainsi, ils souscrivent à une retraite supplémentaire, afin de garantir une retraite confortable.
En outre, la plupart des assurances retraite supplémentaires permettent la déduction des cotisations des revenus imposables.

Comment fonctionne la retraite supplémentaire ?

La retraite supplémentaire peut être souscrite auprès d’une banque, une société d’assurance retraite en ligne ou une société de prévoyance. Pour les salariés, elle peut également être mise en place par l’employeur, sous forme de contrat.
L’actif doit verser des primes tout au long de son activité professionnelle, pour constituer son épargne retraite. Il bénéficiera d’un capital ou de rentes viagères lorsqu’il partira en retraite.
La retraite supplémentaire peut prendre deux formes :

  • À prestations définies : le montant de la pension est déterminé au moment de la souscription à l’assurance retraite supplémentaire.
  • À cotisations définies : le taux de la cotisation mensuelle est défini à l’avance. La retraite supplémentaire équivaudra à la somme des cotisations versées et des intérêts.

À noter :
La loi PACTE a introduit :

  • Un produit individuel, qui remplace le contrat Madelin des non-salariés et le PERP (Plan Épargne Retraite Populaire) des personnes n’ayant pas d’activité professionnelle.
  • Deux produits collectifs pour les salariés : le PERCO et le PERcat, en remplacement de la retraite supplémentaire « article 83 ».

Pour en savoir plus sur ce plan d’épargne retraite, prévu par la loi PACTE, il est conseillé de contacter une compagnie d’assurance retraite par téléphone.
Pour conclure, l’assurance retraite est un système permettant d’assurer un revenu régulier aux travailleurs à la retraite. Il existe trois principaux types d’assurances retraite : la retraite de base et la retraite complémentaire qui sont obligatoires pour tous les travailleurs, et la retraite supplémentaire qui est facultative. L’affiliation à une assurance retraite supplémentaire est une option à étudier, car les assurances retraite de base et complémentaire sont généralement insuffisantes.