Avenant au contrat de travail : règles en CDI et CDD

L’équipe Justifit Avocat

Un avenant au contrat de travail permet de modifier certaines clauses d’un CDI ou d’un CDD, comme la rémunération, la qualification ou la durée de travail. Il sert aussi à renouveler un CDD lorsque les conditions du renouvellement ne sont pas déjà prévues dans le contrat. Tous les changements ne nécessitent toutefois pas un avenant : certaines décisions relèvent du pouvoir de direction de l’employeur. Avant de signer ou en cas de désaccord, un avocat en droit des contrats peut examiner les clauses proposées et vous expliquer leurs conséquences.

Tout ce qu’il faut savoir sur l’avenant contrat - Guide 2021

Qu’est-ce qu’un avenant au contrat de travail ?

Un avenant est un écrit qui modifie ou complète certaines clauses du contrat de travail initial. Il indique les nouvelles conditions acceptées par l’employeur et le salarié, ainsi que leur date d’application. Les autres clauses restent inchangées.

L’avenant peut concerner un contrat à durée indéterminée (CDI) ou un contrat à durée déterminée (CDD). Il ne constitue pas une nouvelle embauche et ne remet pas l’ancienneté à zéro.

Avant de modifier un contrat de travail, il faut distinguer :

  • La modification du contrat, qui touche un élément contractuel et nécessite l’accord du salarié.
  • Le changement des conditions de travail, qui relève du pouvoir de direction de l’employeur et peut s’imposer au salarié, dans les limites prévues par la loi.

Par exemple, changer la qualification professionnelle d’un salarié nécessite son accord. Lui confier de nouvelles tâches correspondant à sa qualification peut relever d’un simple changement des conditions de travail.

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Quand faut-il un avenant au contrat de travail ?

L’avenant permet de préciser les modifications acceptées et d’en conserver une preuve. Il peut notamment concerner :

  • La rémunération contractuelle : modification du salaire convenu, de son mode de calcul ou d’une prime prévue au contrat.
  • La qualification et les responsabilités : changement de qualification ou retrait de responsabilités modifiant le contrat.
  • La durée contractuelle de travail : augmentation ou réduction de cette durée, notamment lors d’un passage à temps partiel.
  • Certains changements d’horaires : passage du travail de jour au travail de nuit, ou d’un horaire continu à un horaire discontinu.
  • Le lieu de travail : mutation hors du secteur géographique, selon les clauses applicables, notamment une éventuelle clause de mobilité valable.

L’accord du salarié et l’obligation de rédiger un avenant sont deux questions distinctes. Une modification du contrat nécessite son accord, mais la loi n’impose pas un avenant signé pour toute modification dans toutes les situations. L’écrit reste utile pour établir précisément ce qui a été accepté ; certaines opérations imposent une formalisation écrite.

À l’inverse, un réaménagement des horaires ou l’attribution de tâches correspondant à la qualification ne nécessite pas automatiquement un avenant.

Pour approfondir ce point, consultez notre guide sur l’avenant au contrat de travail pour un changement d’horaires.

Bon à savoir :
La revalorisation du Smic ou du minimum conventionnel applicable ne nécessite pas, à elle seule, un avenant. L’employeur doit appliquer le nouveau minimum lorsque la rémunération du salarié lui est inférieure.

Avenant au CDI : dans quels cas est-il nécessaire ?

Le CDI ne comporte pas de date de fin. Un avenant au CDI sert donc à modifier les conditions du contrat, et non à prolonger sa durée.
Il peut formaliser une promotion avec changement de qualification, une nouvelle rémunération contractuelle ou une modification de la durée de travail.

Le passage à temps partiel

Le passage d’un emploi à temps plein à un emploi à temps partiel nécessite l’accord du salarié et une formalisation écrite. L’article L. 3123-6 du Code du travail exige notamment que le contrat à temps partiel précise la durée hebdomadaire ou mensuelle prévue, les éléments de rémunération et les modalités applicables à l’organisation du travail.

Exemple : vous convenez avec votre employeur de passer de 35 à 28 heures par semaine. L’avenant doit préciser cette nouvelle durée, la rémunération correspondante et les autres mentions requises pour le temps partiel.

L’augmentation temporaire de la durée d’un temps partiel

Pour un salarié à temps partiel, une augmentation temporaire de la durée contractuelle par avenant de complément d’heures est possible si une convention ou un accord de branche étendu l’autorise.

L’article L. 3123-22 du Code du travail encadre ce dispositif. L’accord de branche fixe notamment le nombre maximal d’avenants, dans la limite de huit par an et par salarié, hors remplacement d’un salarié absent nommément désigné.

Ce dispositif se distingue des heures complémentaires, qui sont des heures effectuées au-delà de la durée prévue au contrat, dans les limites autorisées. Ces règles peuvent aussi concerner un CDD à temps partiel.

Avenant au CDD : modification ou renouvellement ?

Le CDD est conclu pour une tâche précise et temporaire. Un avenant peut modifier certaines conditions du contrat en cours ou organiser son renouvellement.

Modifier les conditions du CDD

Comme pour un CDI, modifier la rémunération contractuelle ou la qualification du salarié nécessite son accord. L’avenant précise alors les clauses modifiées et leur date d’application.
Il ne permet pas de contourner les règles relatives au motif du CDD, à sa durée ou à sa rupture.

Renouveler un CDD à terme précis

Le renouvellement prolonge le même CDD au-delà de sa date de fin initiale.

Si les conditions du renouvellement ne figurent pas dans le contrat, un avenant est nécessaire. Il doit être proposé et accepté avant l’échéance. Les articles L. 1243-13 et L. 1243-13-1 du Code du travail prévoient que ces conditions figurent dans le contrat ou dans un avenant soumis au salarié avant le terme initialement prévu.

À défaut de dispositions de branche différentes, le CDD peut être renouvelé deux fois.

Exemple : votre CDD se termine le 30 juin et ne prévoit pas les conditions de son renouvellement. Pour prolonger ce contrat jusqu’au 31 août, l’employeur doit vous faire accepter un avenant avant son expiration.

La durée maximale comprend le contrat initial et ses renouvellements. Elle dépend des dispositions de branche et du motif du contrat. À défaut de dispositions de branche, l’article L. 1242-8-1 du Code du travail prévoit une limite de 18 mois pour de nombreux CDD, mais aussi des limites de 9 ou 24 mois dans certaines situations. Des contrats particuliers suivent d’autres règles.

Attention :
  • Un CDD sans terme précis, par exemple conclu jusqu’au retour d’un salarié absent, ne se renouvelle pas comme un CDD comportant une date de fin.
  • Si le salarié continue à travailler après l’échéance sans renouvellement valable, la relation de travail devient un CDI.

Un avenant peut-il prévoir la rupture anticipée du CDD ?

L’employeur ne peut pas utiliser un avenant pour imposer une rupture anticipée du CDD. Les parties peuvent convenir ensemble d’y mettre fin, mais le salarié doit réellement accepter cette rupture.

Hors période d’essai, l’article L. 1243-1 du Code du travail autorise notamment la rupture anticipée dans les situations suivantes :

  • Accord de l’employeur et du salarié ;
  • Faute grave ;
  • Force majeure ;
  • Inaptitude constatée par le médecin du travail.

Une maladie ne suffit pas, à elle seule, à autoriser la rupture anticipée. Des règles particulières existent pour le CDD à objet défini.
Le salarié peut également rompre son CDD lorsqu’il justifie d’une embauche en CDI, conformément à l’article L. 1243-2 du Code du travail. Sauf accord dispensant de préavis, il doit respecter un préavis calculé selon la durée du contrat, dans la limite de deux semaines.

Comment rédiger un avenant au contrat de travail ?

Un avenant doit permettre de comprendre ce qui change, à quelle date et pour quelle durée.

Il convient d’y faire figurer :

  • L’identité de l’employeur et du salarié.
  • La référence au contrat initial et aux précédents avenants utiles.
  • Les clauses modifiées et leur nouvelle rédaction.
  • La date d’entrée en vigueur des changements.
  • Leur durée lorsqu’ils sont temporaires, avec les conditions du retour à la situation précédente.
  • Une mention indiquant que les autres clauses restent inchangées.
  • La date et les signatures des parties.

Pour un renouvellement de CDD, précisez notamment la nouvelle échéance. Pour un passage à temps partiel, ajoutez les mentions exigées par l’article L. 3123-6 du Code du travail. Chaque partie doit conserver un exemplaire signé.

Peut-on refuser de signer un avenant ?

Vous pouvez refuser une proposition qui modifie votre contrat de travail. La remise d’un avenant par l’employeur ne vous oblige pas à le signer.

Les conséquences dépendent de votre situation :

  • En CDI : l’employeur peut renoncer à la modification. S’il envisage un licenciement, il doit justifier un motif valable et respecter la procédure applicable ; le refus de modifier le contrat ne constitue pas, à lui seul, une faute.
  • En CDD : le refus d’une modification du contrat n’autorise pas, à lui seul, sa rupture anticipée.
  • Pour un renouvellement de CDD proposé par avenant : si vous ne l’acceptez pas, le contrat se termine à l’échéance prévue.

En revanche, refuser un simple changement des conditions de travail que l’employeur peut légalement imposer peut entraîner une sanction. Il faut donc examiner la nature du changement avant de répondre.

Quel délai avez-vous pour répondre ?

Hors procédure particulière, la loi ne fixe pas de délai unique pour accepter ou refuser une modification du contrat. L’employeur doit laisser un délai raisonnable de réflexion, et le silence du salarié ne vaut pas acceptation.

Pour une proposition de modification fondée sur un motif économique, l’article L. 1222-6 du Code du travail prévoit :

  • Une proposition par lettre recommandée avec avis de réception ;
  • Un mois à compter de sa réception pour faire connaître son refus ;
  • Un délai réduit à 15 jours si l’entreprise est en redressement judiciaire ou en liquidation judiciaire.

Si cette procédure est correctement respectée, l’absence de réponse dans le délai vaut acceptation. Pour refuser, adressez une réponse écrite dont vous pourrez prouver la réception.

Pourquoi conserver un avenant signé ?

L’avenant constitue une preuve des modifications acceptées : nouveau salaire, qualification, durée de travail ou échéance du CDD. En cas de désaccord, il permet de comparer les engagements pris avec les conditions réellement appliquées.

Conservez-le avec votre contrat initial, les précédents avenants et les échanges concernant la modification.

Bon à savoir :
Il n’existe pas de délai légal général de rétractation après la signature d’un avenant. Vous pouvez négocier un nouvel accord avec l’employeur ou contester une clause illégale ou un consentement obtenu sous contrainte.

Comment un avocat peut aider dans la rédaction d’un avenant ?

Grâce à son expertise, un avocat en droit des contrats peut aider dans la rédaction d’un avenant de plusieurs manières :

  • Analyse : L’avocat peut identifier les éléments spécifiques du contrat initial qui nécessitent une modification et conseiller sur les aspects légaux à considérer.
  • Conformité juridique : Il s’assure que l’avenant respecte toutes les lois et réglementations en vigueur, afin d’éviter tout risque juridique pour l’employeur et le salarié.
  • Rédaction : L’avocat rédige l’avenant de manière claire et précise, en utilisant des termes juridiques appropriés, pour éviter toute ambiguïté ou mauvaise interprétation.
  • Validation et signature : Il supervise le processus de validation et de signature de l’avenant pour garantir que toutes les parties comprennent et acceptent les termes modifiés.

FAQ

Un avenant est-il obligatoire pour renouveler un CDD ?

Oui, lorsque les conditions du renouvellement ne sont pas déjà prévues dans le contrat. L’avenant doit être proposé et accepté avant l’échéance du CDD ; si le contrat prévoit ces conditions, un avenant distinct n’est pas systématiquement nécessaire.

Tout changement d’horaires nécessite-t-il un avenant ?

Non. Un simple réaménagement des horaires peut relever du pouvoir de direction de l’employeur. Certains changements, comme le passage du travail de jour au travail de nuit, nécessitent toutefois l’accord du salarié ; des règles spécifiques s’appliquent au temps partiel.

Peut-on refuser un avenant qui diminue le salaire ?

Oui, une diminution de la rémunération contractuelle nécessite votre accord. Si la proposition relève de la procédure pour motif économique, faites connaître votre refus dans le délai indiqué : votre silence peut valoir acceptation.

Un avenant remet-il l’ancienneté à zéro ?

Non. L’avenant modifie le contrat existant et ne constitue pas une nouvelle embauche. Le renouvellement d’un CDD prolonge également le même contrat.

Que se passe-t-il si le CDD continue sans renouvellement valable ?

Si vous continuez à travailler après l’échéance du CDD sans renouvellement valable, la relation de travail devient un CDI. Vous conservez l’ancienneté acquise pendant le CDD.

Un avenant précise les changements apportés à un CDI ou à un CDD, mais sa nécessité dépend de la modification envisagée. Avant de signer ou de refuser, prenez le temps de vérifier ses effets sur votre rémunération, votre emploi et votre durée de travail.

POINTS CLÉS À RETENIR

  • Un avenant précise les clauses du contrat qui changent et leur date d’application.
  • Une modification du contrat nécessite l’accord du salarié, contrairement à certains changements des conditions de travail.
  • Le passage à temps partiel doit être formalisé par écrit avec les mentions requises. Un avenant de renouvellement du CDD est nécessaire lorsque les conditions du renouvellement ne figurent pas dans le contrat.
  • Le nombre de renouvellements et la durée maximale du CDD dépendent notamment des dispositions de branche et du motif du contrat.
  • Refuser une modification du contrat ne justifie pas automatiquement un licenciement ou une rupture anticipée du CDD.
    Pour une modification proposée selon la procédure pour motif économique, le silence peut valoir acceptation après le délai légal.

Articles Sources

  1. service-public.gouv.fr - https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2339
  2. service-public.gouv.fr - https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31586
  3. legifrance.gouv.fr - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006189460
  4. code.travail.gouv.fr - https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1242-8-1
  5. service-public.gouv.fr - https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F40
  6. code.travail.gouv.fr - https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1243-1
  7. code.travail.gouv.fr - https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1243-2
  8. code.travail.gouv.fr - https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l3123-6
  9. legifrance.gouv.fr - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006901222/
  10. legifrance.gouv.fr - https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033019984/
  11. code.travail.gouv.fr - https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1222-6

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