De par ses effets néfastes sur la santé physique et mentale du salarié, le burn-out professionnel est dorénavant reconnu comme une maladie psychologique grave au travail. À côté de ce phénomène se présente un autre cas similaire, mais peu connu de tous. Il s’agit du burn-out familial ou parental touchant environ 5 % des parents. En effet, avoir des enfants peut, chez certains parents, entraîner un épuisement à la fois physique et psychologique. Arrivé à un certain stade, le burn-out familial peut sensiblement affecter les activités professionnelles du concerné. Face à une telle situation, quels sont vos droits ? Pour plus d’informations, faites appel à un avocat en droit du travail pour vous accompagner. En outre, voici comment ce phénomène se montre et les actions que vous pourrez entreprendre pour le surmonter.

Alt="Burn-out parental : quels sont les signes et quels sont mes droits ?"

Est-ce que je suis en burn-out parental ?

Par définition, le burn-out parental est un syndrome d’épuisement physique, émotionnel et mental qui touche principalement les parents. Il est différent du burn-out professionnel par le fait qu’il se manifeste dans le cadre familial et chez ceux qui ont des enfants. En dehors des effets sur la vie de famille, le burn-out familial a également des répercussions sur le travail.

Il existe généralement 3 principaux symptômes pouvant vous aider à savoir si vous êtes en burn-out parental ou non. Ces derniers sont énumérés dans la liste ci-après :

  • La sensation d’épuisement profond physique et émotionnel : la sensation de fatigue fait, bien évidemment, partie de la vie parentale. Toutefois, vous devez vous alerter dans le cas où elle devient omniprésente et n’est pas, ou est peu, soulagée par un repos.
  • La distanciation affective avec les enfants : le parent en burn-out s’investit de moins en moins dans sa relation avec ses enfants. Il agit tout simplement envers eux comme un automate.
  • La saturation et la perte d’épanouissement dans le rôle de parent : ce symptôme est surtout rencontré chez les personnes perfectionnistes ayant tendance à idéaliser leur vie de famille.
  • Le manque de motivation au travail : le concerné devient moins motivé dans ses activités professionnelles. Sa production diminue et ses relations professionnelles se dégradent petit à petit.

Comment éviter le burn-out familial ?

Il existe quelques astuces pour éviter le burn-out familial. Pour commencer, il est important que les parents soient plus à l’écoute de leurs propres besoins et qu’ils se consacrent du temps. Vous pouvez, par exemple, faire du sport, vous isoler pour lire ou encore prendre un peu de temps pour regarder votre série préférée. Il est également conseillé d’arrêter de se mettre la pression pour atteindre la perfection.

Le burn-out familial et activités professionnelles : quels sont mes droits en tant que salarié ?

Connu généralement sous le nom de syndrome de l’épuisement professionnel, le burn-out, qu’il soit parental ou professionnel, donne lieu à des droits au salarié concerné.

Pour y prétendre, ce dernier peut entamer les procédures citées sur la liste suivante :

  • Consulter un médecin traitant pour un bilan de santé ;
  • Alerter et dénoncer sa situation auprès de ses collègues, des services des ressources humaines et de son supérieur hiérarchique ;
  • Rapprocher et informer les institutions représentatives du personnel ;
  • Demander une visite auprès de la médecine du travail ;
  • Informer l’inspection du travail.

Dans le cas où les droits du salarié ne sont pas respectés et que le burn-out se transforme en harcèlement moral, le concerné peut demander une médiation en vertu de l’article L 1152-6 du Code du travail. Si les conséquences du burn-out familial s’aggravent, il peut le faire reconnaître comme une maladie professionnelle. Le cas échéant, il pourra se prévaloir d’un droit à des indemnités de prise en charge de la part de son employeur.

La procédure de médiation expliquée par Maître Sève.

Comment sortir d’un burn-out familial ?

Pour sortir d’un burn-out familial, de nombreuses solutions sont possibles. Il faut toutefois que le parent concerné soit lui-même convaincu qu’il a besoin d’aide. Il peut suivre un ou plusieurs des conseils de la liste suivante :

  • Demander une médiation familiale ;
  • Bénéficier de solutions et d’accompagnement auprès de diverses associations œuvrant dans le soutien des parents ;
  • Participer à des groupes de discussion avec d’autres parents.

Bon à savoir :

Les parents concernés par le burn-out peuvent également bénéficier d’un droit au répit. Il s’agit d’un droit octroyé aux aidants qui consacrent leur temps à l’accompagnement d’un enfant en perte d’autonomie. Le droit au répit est prévu par la loi d’adaptation de la société au vieillissement qui est entrée en vigueur en janvier 2016. Ainsi, vous pouvez profiter d’une aide pour financer une solution ponctuelle de placement en foyer. Vous bénéficierez également d’un accompagnement à domicile pour que vous puissiez faire une pause.

Quelle durée pour sortir du burn-out familial ?

Contrairement à la dépression qui est une maladie psychiatrique reconnue et entraînant un arrêt maladie, le burn-out parental n’est pas encore diagnostiqué sur le plan médical. Pour cette raison, l’identification du mal-être des parents est souvent compliquée. Toutefois, dès que le parent touché par le syndrome a identifié sa souffrance, il peut se rétablir rapidement. Des chercheurs affirment qu’il est possible de retrouver la santé en deux mois.

Comment est pris en charge le burn-out familial au travail ?

Afin d’aider les parents touchés par le burn-out, certains dispositifs ont été mis en place par le législateur. Les parents en burn-out ont droit à des aides à domicile. Il en existe plusieurs pour ne citer que l’aide à domicile de la Caf. Le principe est simple : un professionnel intervient à votre demande et vous accompagne dans les relations avec vos enfants, dans la gestion du budget et dans l’organisation de vos tâches. Les interventions de la CAF peuvent être prises en charge partiellement sous certaines conditions d’éligibilité.

Bref, le burn-out familial, tout comme le burn-out professionnel, est une maladie psychologique à ne pas négliger ni à sous-estimer. Bien qu’il ne soit pas encore reconnu par la loi française, son traitement s’avère toutefois nécessaire pour le bien-être des parents. D’ailleurs, son aggravation peut impacter le domaine professionnel du/des concerné(s). Vous semblez avoir les signes d’un burn-out parental et souhaitez en savoir plus sur vos droits ? Consultez immédiatement un avocat spécialisé en droit du travail pour vous conseiller judicieusement.