Dénonciation calomnieuse abusive : recours juridiques
La dénonciation calomnieuse abusive consiste à accuser une personne, auprès d’une autorité ou de son employeur, de faits que l’on sait totalement ou partiellement faux. La personne accusée doit d’abord contester ces accusations en présentant des preuves tels que des documents, des messages ou des témoignages démontrant qu’elle n’a pas commis les faits. Elle peut ensuite porter plainte pour dénonciation calomnieuse. Si elle souhaite obtenir une indemnisation, elle peut aussi demander des dommages et intérêts en se constituant partie civile. Pour que le dénonciateur soit condamné, il faut prouver qu’il connaissait la fausseté de ses accusations au moment du signalement. Ce délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. Un avocat en droit pénal peut aider la victime à réunir les preuves et à engager le recours adapté.

Qu’est-ce qu’une dénonciation calomnieuse abusive ?
La dénonciation calomnieuse abusive désigne le fait de signaler une personne pour des faits que l’auteur sait totalement ou partiellement inexacts. En droit, l’article 226-10 du Code pénal qualifie ce comportement de « dénonciation calomnieuse ». Le signalement doit être adressé à une autorité compétente, à un employeur ou à un supérieur hiérarchique, et les accusations doivent pouvoir entraîner une sanction judiciaire, administrative ou disciplinaire.
Pour constituer un délit, la dénonciation calomnieuse doit présenter les caractéristiques de la liste suivante :
- La dénonciation vise une personne identifiée ou identifiable ;
- Les faits signalés sont totalement ou partiellement inexacts ;
- Le dénonciateur connaît la fausseté des faits au moment du signalement ;
- La dénonciation est adressée à la police, à la justice, à une administration, à une autorité pouvant y donner suite, à un employeur ou à un supérieur hiérarchique ;
- Les accusations sont susceptibles d’entraîner une sanction judiciaire, administrative ou disciplinaire.
Il n’est pas nécessaire qu’une sanction soit prononcée contre la personne accusée. Il suffit que les faits dénoncés puissent entraîner une telle sanction. Une erreur, un malentendu ou une accusation qui n’a pas pu être prouvée ne constitue donc pas automatiquement une dénonciation calomnieuse abusive.
Comment réagir en cas de fausse accusation ?
Face à une fausse accusation, la priorité consiste à préparer sa défense dans la procédure initiale. Il est déconseillé de répondre sous le coup de la colère, de menacer l’auteur du signalement ou de publier des informations sur les réseaux sociaux.
Voici les premières démarches à accomplir :
- Conserver les preuves : gardez les messages, courriels, courriers, photographies, vidéos, relevés, contrats ou documents permettant de rétablir les faits.
- Établir une chronologie : notez les dates, les lieux, les personnes présentes et le déroulement précis des événements.
- Identifier les témoins : recueillez leurs coordonnées sans leur demander de modifier ou d’orienter leur récit.
- Répondre aux convocations : une convocation de la police, de la gendarmerie, de l’employeur ou d’une administration ne doit pas être ignorée.
- Demander l’assistance d’un avocat : son intervention peut être nécessaire dès la garde à vue, l’audition libre, l’entretien disciplinaire ou la réception d’une convocation judiciaire.
Il faut distinguer la défense contre l’accusation initiale de l’action engagée contre le dénonciateur. Lorsque les faits signalés donnent lieu à des poursuites pénales, le tribunal ne peut statuer sur la dénonciation calomnieuse qu’après la décision définitive mettant fin à la première procédure. Cette règle est prévue par l’article 226-11 du Code pénal.
Comment prouver la fausseté des faits et la mauvaise foi ?
Pour prouver une dénonciation calomnieuse, la victime doit réunir des éléments établissant :
- l’existence d’une dénonciation visant une personne identifiable ;
- sa transmission à la police, à la justice, à une administration, à un supérieur hiérarchique ou à un employeur ;
- le caractère totalement ou partiellement inexact des faits dénoncés ;
- le risque de sanction judiciaire, administrative ou disciplinaire ;
- la connaissance, par le dénonciateur, de la fausseté des accusations au moment du signalement.
Pour prouver la dénonciation calomnieuse, la victime peut présenter la plainte d’origine, des courriels, des messages, des témoignages ou tout document montrant que l’auteur savait que ses accusations étaient fausses.
Une décision définitive peut suffire à établir la fausseté des accusations lorsqu’elle indique que les faits n’ont pas eu lieu ou que la personne accusée ne les a pas commis. Il peut s’agir d’un acquittement, d’une relaxe ou d’un non-lieu. En l’absence d’une telle décision, le tribunal examine l’ensemble des preuves fournies.
Le classement sans suite d’une plainte ne signifie pas qu’elle était mensongère. Le procureur peut prendre cette décision en raison d’un manque de preuves, de l’absence d’auteur identifié ou de faits insuffisamment caractérisés.
L’intention de nuire ne suffit pas non plus. Il faut démontrer que le dénonciateur savait, au moment du signalement, que ses accusations étaient fausses ou partiellement inexactes. Cette preuve doit être apportée par le procureur ou par la victime qui engage les poursuites. Le dénonciateur n’a pas à prouver sa bonne foi.
Comment porter plainte pour dénonciation calomnieuse ?
La victime peut déposer plainte :
- dans un commissariat de police ;
- dans une brigade de gendarmerie ;
- par courrier adressé au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent.
La plainte peut viser une personne identifiée. Si l’auteur du signalement n’est pas connu, elle peut être déposée contre X.
Après le dépôt, le procureur de la République peut décider :
- d’ouvrir une enquête ;
- d’engager des poursuites ;
- de proposer une mesure alternative ;
- de classer la plainte sans suite.
En cas de classement sans suite ou d’absence de réponse du procureur pendant trois mois, une plainte avec constitution de partie civile peut être envisagée auprès du doyen des juges d’instruction, sous réserve des conditions prévues par le Code de procédure pénale. Le juge peut demander le versement d’une consignation, dont le montant tient compte des ressources du plaignant.
Une citation directe devant le tribunal correctionnel est aussi possible dans certains dossiers. Cette procédure suppose que l’auteur soit identifié et que les preuves soient suffisantes. Elle expose le demandeur à des contraintes procédurales, dont une consignation, et doit être préparée avec prudence.
Quel est le délai pour porter plainte ?
La dénonciation calomnieuse étant un délit, la victime dispose, d’un délai de six ans à compter de la dénonciation pour agir en justice, conformément à l’article 8 du Code de procédure pénale.
Historique de l’article
Notre équipe met régulièrement à jour les contenus de Justifit afin de garantir des informations claires, actuelles et utiles au plus grand nombre.
Choisissez votre avocat
Cherchez l’avocat qui vous convient le mieux parmi 2000 avocats. Nous vous mettrons en relation.
Contacter un avocatAvis des utilisateurs Justifit :







