Après un abandon de poste, vous vous demandez si vous pouvez travailler durant cette période ? Le contrat de travail est un contrat bilatéral conclu entre l’employé et son employeur. Il définit le poste et les conditions de travail du travailleur. En cas de litige, il est conseillé de consulter un avocat spécialisé en droit du travail. Il peut arriver que l’employé abandonne son poste. Quels sont les risques qu’il encourt ? Peut-il travailler en intérim au cours de cette période ?

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Comment faire pour travailler en intérim pendant un abandon de poste ?

Pour bien comprendre les conséquences d’un abandon de poste, il est important de donner sa définition générale.

L’abandon de poste est une absence injustifiée d’un employé. Il n’est pas défini par le Code du travail et ne peut pas être assimilé à une démission. Toutefois, il peut être utilisé comme un motif de licenciement pour faute grave. Cette dernière est alors caractérisée par l’absence non justifiée.

Ainsi, pour un salarié en CDI, l’abandon de poste peut entrainer un licenciement sans le paiement d’une indemnité. Pour un salarié en CDD, l’employeur peut opter pour la rupture du contrat de travail pour faute grave ou la suspension de la rémunération de l’employé durant l’exécution du contrat.

Vous trouverez ci-dessous la liste des risques encourus par le travailleur :

  • La perte de la rémunération ;
  • La perte des indemnisations ;
  • La perte des allocations ;
  • La non-prise en charge de son dossier par Pôle emploi ;
  • Le paiement de dommage et intérêt ;
  • L’impossibilité de signer un nouveau contrat de travail.

Ainsi, un salarié ayant abandonné son poste ne peut pas travailler en intérim durant cette période tant que son employeur ne décide pas de résilier son contrat de travail.

Bon à savoir :

L’article L.1237-1 du Code du travail définit la démission comme une manifestation non équivoque du salarié de quitter son travail.

Comment bien faire un abandon de poste ?

Face à un abandon de poste, l’employeur ne peut pas licencier directement le travailleur. En effet, il doit suivre certaines étapes obligatoires. Dans le cas contraire, il s’expose à des poursuites pour licenciement abusif. Ainsi, dans un premier temps, l’employeur doit mettre en demeure le salarié pour qu’il justifie son absence. Si ce dernier ne répond pas, il peut alors engager une procédure disciplinaire. Cette dernière doit être initiée dans les deux mois suivant l’abandon de poste. Passé ce délai, aucune poursuite ne peut plus être réalisée.

À noter :
L’employé peut décider de reprendre son travail après l’abandon de poste. Cependant, ce retour n’empêche pas l’engagement d’une procédure disciplinaire.

Comment rédiger une lettre d’abandon de poste ?

La lettre de mise en demeure peut être envoyée 48 h après l’absence du salarié.

Elle doit mentionner les informations de la liste suivante :

  • L’identité du travailleur ;
  • L’identité de l’employeur ;
  • La date de rédaction de la lettre ;
  • La mise en demeure pour la reprise de poste ou la demande d’une pièce justificative de l’absence.

Le courrier doit être envoyé en recommandé.

Pour conclure, l’abandon de poste n’est pas une rupture du contrat de travail. Ainsi, l’employé ne peut pas travailler pendant son absence. De plus, il risque la suspension de sa rémunération et le paiement d’une indemnisation si son absence a occasionné des pertes pour son employeur.

À RETENIR :

    • Le salarié ne peut être embauché dans le cadre d’un nouvel emploi tant que son employeur ne décide pas de résilier son contrat de travail.
    • L’employeur ne peut pas licencier directement le travailleur et a pour l’obligation de mettre en demeure le salarié. Si ce dernier ne répond pas, l’employé peut alors engager une procédure disciplinaire.
    • La lettre de mise en demeure peut être envoyée 48 h après l’absence du salarié et doit être envoyé en recommandé.