Quand il est question de violences conjugales, les femmes sont les principales concernées du côté des victimes. Cependant, il existe aussi des hommes battus qui, par honte de parler d’un sujet tabou, préfèrent se taire face à des violences conjugales. Tout comme les femmes victimes de violences conjugales, les hommes ayant subi une telle agression peuvent déposer une plainte. Si vous manquez de courage pour aborder ouvertement un tel sujet, le recours à un avocat pénaliste facilitera votre démarche dans le cadre d’une procédure judiciaire. Pourquoi les agressions conjugales envers les hommes sont considérées comme un sujet tabou ? Quelles démarches doit adopter un homme battu par sa femme ?

Violences conjugales sur les hommes

À RETENIRComment réagir face à une violence conjugale sur un homme ?

Pour commencer, vous devez faire fi du tabou et en parler à votre avocat. Ensuite, déposez plainte le jour même ou au plus tard le lendemain. Si les actes de violence vous mettent sérieusement vos enfants et vous en danger, vous devez saisir la justice pour demander une ordonnance de protection. Pour les preuves, vous devez prendre des photos le jour des faits, et conserver tout document qui s’y rapporte comme les ordonnances ou les certificats d’arrêt de travail.

Les violences conjugales sur les hommes sont un sujet tabou. Cependant il ne faut pas hésiter à dénoncer de tels actes. Si vous êtes dans une telle situation, voici quelques informations qui vous aideront.

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Agressions conjugales envers les hommes, un sujet tabou ?

Les femmes restent les principales victimes des violences conjugales. Pourtant, d’après l’enquête cadre de vie et sécurité (CVS) de l’Insee en 2019, plus du quart des victimes d’agression dans un couple sont des hommes, soit 28%. Cette donnée prouve que les violences conjugales concernent les deux genres. Toutefois, le taux de plainte est plus modéré chez les hommes que chez les femmes.

Les agressions conjugales envers les hommes sont considérées comme un sujet tabou, voilà pourquoi beaucoup n’osent pas porter plainte. Ils se taisent la plupart du temps en minimisant les violences morales ou physiques qu’ils subissent.

Cette liste présente quelques raisons :

  • Par honte d’en parler ;
  • Par culpabilité ;
  • Par amour ;
  • En espérant que tout finira par s’arranger un jour.

Points clés à retenir :

  • Les hommes représentent plus du quart des victimes des violences conjugales ;
  • Les hommes, par honte d’en parler, n’osent porter plainte.

Les hommes ne se sentent pas écoutés face aux violences conjugales

Souvent, les hommes ont aussi le sentiment de ne pas être entendus à la suite de leur plainte. Les hommes battus sont accueillis avec des remarques vexantes telles que décrites dans cette liste :

  • Pourquoi ne vous défendez-vous pas ?
  • Pourquoi ne pas divorcer tout simplement ?
  • Vous devez apprendre à tenir votre femme.

Voilà autant de remarques sarcastiques qui sont faites aux hommes qui déposent une plainte pour violence conjugale. La situation est souvent prise à la légère, car l’homme est généralement considéré comme un être fort, puissant et viril. De ce fait, difficile d’imaginer qu’il puisse être, lui aussi, victime d’une telle violence. Pour toutes ces raisons, les agressions conjugales à l’encontre des hommes restent jusqu’à ce jour un sujet tabou.

Points clés à retenir :

  • Les hommes sont habituellement considérés comme des êtres forts, puissants et virils.
  • Les hommes ne se sentent pas écoutés, reçoivent parfois des remarques sarcastiques et vexantes lorsqu’ils décident d’en parler.

Violences conjugales hommes, quelles démarches suivre ?

Lorsque les hommes sont victimes de violences conjugales, la situation est parfois négligée. Certains commissariats refusent même de prendre une plainte, ce qui est tout à fait illégal. Un autre frein est la difficulté rencontrée par les hommes à déposer une plainte contre leurs femmes à cause de leur honte, leur peur des représailles ou des conséquences pénales pour l’autre.

Cependant, déposer une plainte face à des violences conjugales est une étape importante pour se défendre et stopper les violences. Cette démarche évite également les mauvaises surprises comme une version des faits erronée relatée par la femme.

Si vous souhaitez porter plainte à la suite d’une agression conjugale, les démarches de cette liste sont à prendre en compte :

  • La victime doit prendre des photos d’elle-même le jour des violences. Il faut conserver les ordonnances et les autorisations d’arrêt de travail, qui pourront servir de preuves pendant la procédure ;
  • Le dépôt de plainte doit se faire le jour même ou au plus tard le lendemain. Après le dépôt de plainte, la police enverra directement la victime aux Urgences Médico-Judiciaires pour constater les blessures et l’état de stress-panique. Après l’examen médical réalisé par les UMJ, un constat médico-légal sera remis. Dans les cas graves, ce constat établit l’incapacité de travail temporaire ou ITT de l’homme causé par les violences ;
  • Si les violences mettent sérieusement en danger les enfants ou l’homme lui-même, il peut demander une ordonnance de protection. Dès réception de cette demande, le juge convoquera les deux parties pour une audience. Elles peuvent être assistées d’un avocat.

Cette audience se tient généralement en chambre du conseil. Le juge aux affaires familiales peut ainsi décider de remettre en urgence une ordonnance de protection. Cette dernière est valide pendant une durée de 6 mois.

Les obligations et les interdictions imposées dans cette ordonnance doivent être respectées par la partie demanderesse. Dans le cas contraire, la partie coupable risque selon l’article 227-4-2 du Code pénal les sanctions de cette liste :

  • Une peine de prison de deux ans ;
  • Une amende de 15 000 €.

Cette ordonnance peut être renouvelée dans le cas où le juge serait saisi dans le cadre d’une requête en séparation de corps, en divorce ou d’une demande liée à l’exercice de l’autorité parentale.

Points clés à retenir :

  • La plainte doit être déposée le jour de la violence conjugale ou le lendemain au plus tard ;
  • La victime peut bénéficier d’une ordonnance de protection décidée par la juge.

Les hommes victimes de violences conjugales peuvent obtenir réparation et justice s’ils décident de porter plainte. Pour donner plus de poids à la procédure, il est conseillé de réunir le maximum de preuves et de déposer la plainte le jour même. Encore mieux, faites-vous accompagner par un avocat spécialisé en droit pénal pendant la procédure.