Vos voisins se querellent souvent et leurs disputes tournent parfois en violentes scènes de ménage ? Votre  ) adopte depuis peu un étrange comportement et vous avez remarqué qu’elle/il porte des marques sur son corps ? Vous êtes peut-être témoin de violences conjugales. Vous souhaitez aider la victime, mais ne savez pas comment agir en évitant les représailles ? Parlez-en à un avocat spécialisé en droit pénal. Violences conjugales et confinement ? Découvrez quels sont les recours pour les victimes. Exploration.

Alt="Témoins violences conjugales, comment éviter les représailles"

Violences conjugales en France : les chiffres !

Dans l’Hexagone, 219 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année. Rien qu’au début de l’année 2019, 137 ont succombé sous les coups de leur partenaire ou de leur ex-partenaire. Ces féminicides ont été, pour la plupart, précédés d’un long cycle de violences conjugales. Une étude a démontré que seules 28 % ont osé dénoncer leur conjoint ou ex-conjoint au commissariat de police, et seule une femme sur cinq a osé porter plainte pour violence conjugale. La situation est d’autant plus grave, car 80 % de ces plaintes n’aboutissent pas. En ce qui concerne les témoins, 30 % des femmes ayant subi des violences sexuelles au moins une fois au cours de leur vie en ont parlé à un membre de leur famille, et 18 % à un ami. Ces témoins peuvent intervenir même si les violences ont cessé. Leur intervention peut en effet faire la différence, à condition de respecter les propos de la victime qui s’est confiée à eux. Il va sans dire qu’un témoignage clé peut faire pencher la balance du côté de la victime pour mettre fin à ce fléau.

Comment reconnaître les violences conjugales ?

Il est important de savoir distinguer une simple querelle d’une violence conjugale afin d’éviter tout témoignage abusif. En effet, un couple qui se dispute parvient généralement à résoudre le problème sans violence. Quant à la violence conjugale, elle peut prendre différentes formes dont voici la liste :

Ainsi, une relation peut être violente, même sans agression corporelle. Le terme violence conjugale peut déjà être évoqué lorsqu’une personne de votre entourage montre les signes de la liste suivante :

  • L’isolement ;
  • La peur ;
  • Les difficultés à dormir ;
  • L’humiliation ;
  • Les menaces ;
  • Le dénigrement ;
  • Le chantage ;
  • La domination ;
  • Etc.

Important :

Pour affirmer qu’il s’agit effectivement de violence conjugale, il faut qu’il y ait un lien sentimental entre l’auteur et la victime. Ceux-ci peuvent être mariés, pacsés, en union libre, divorcés ou séparés.

Témoin de violences conjugales : que faire ?

Bien que la violence conjugale soit une affaire de couple, n’importe qui peut intervenir lorsque l’un des conjoints est manifestement en danger. Même si vous ne la connaissez pas personnellement, vous pouvez toujours aider une personne en danger sans craindre des représailles. Vous pouvez notamment appeler directement le 17 lorsque la victime est en situation de danger imminent nécessitant l’intervention immédiate de la police. Dans ce cas, vous devez juste demander lors de votre appel à ce que votre anonymat soit préservé. Se regrouper entre voisins pour aller voir la situation peut aussi dissuader le conjoint violent de continuer son acte.

En revanche, si la victime est une connaissance et se confie à vous, ci-dessous la liste

  • Engagez la conversation sans oublier de la féliciter d’avoir pris son courage à deux mains ;
  • Témoignez-lui votre compréhension ;
  • Ne portez aucun jugement ;
  • Proposez-lui l’aide que vous êtes en mesure de lui apporter, qu’il s’agisse d’une simple écoute, d’un accompagnement ou d’un accueil en situation d’urgence ;
  • Si elle/il refuse votre proposition d’aide, réessayez plus tard ;
  • Même si son refus est catégorique, vous pouvez lui porter assistance ou témoigner à tout moment ;
  • Renseignez-vous sur les recours possibles comme les numéros d’urgence, les professionnels à contacter ou les structures d’aide à la victime, puis transmettez-lui les coordonnées ;
  • Ne critiquez pas ouvertement le conjoint violent pour éviter que la victime ressente un sentiment de rabais ou de culpabilité ;
  • Vous pouvez également aborder la personne violente et parler de son comportement en l’informant de l’existence de structures d’aides et de conseils.
Bon à savoir :
En tant que témoin, si vous ne savez pas comment agir face à une situation de violences conjugales, n’hésitez pas à prendre contact avec des associations d’aide aux victimes qui pourront vous conseiller et vous renseigner. Vous pouvez également appeler le 3919 pour toute assistance, et ce, en préservant votre anonymat.

Comment aider une victime de violences conjugales ?

Pour aider une personne victime de violence conjugale, ci-dessous la liste des bons réflexes à adopter :

  • Respectez toujours son choix ;
  • Évitez de lui imposer les démarches à faire et demandez-lui toujours son accord ;
  • Si elle décide de se rendre au commissariat pour rapporter les faits, proposez-lui de l’accompagner ;
  • Si elle ne souhaite pas porter plainte immédiatement, proposez-lui de rédiger les faits qu’elle vous a relatés par écrit. Votre témoignage pourra être utilisé plus tard lorsqu’elle décidera de porter plainte ;
  • Rédigez les faits rapportés le plus rapidement possible pour éviter les mauvaises interprétations, les erreurs ou les oublis ;
  • La victime peut parfois mettre du temps à se décider à porter plainte. N’oubliez pas de mettre la date, le lieu et le contexte dans lequel les actes de violence conjugale sont survenus dans votre témoignage.

Bon à savoir :

Si vous avez assisté à des violences conjugales, votre témoignage est important pour aider la victime à se faire entendre devant la justice. Pour ce faire, vous devez remplir une attestation en utilisant le formulaire manuscrit Cerfa n°11527*02. N’oubliez pas de joindre votre pièce d’identité au document.

En conclusion, le témoin joue un rôle crucial dans un contexte de violences conjugales. Si vous vous retrouvez dans une telle situation, ne passez pas votre chemin et agissez en conséquence. Les règles à respecter sont le respect de la parole et des choix de la victime, puis la prise de conscience de vos limites, car vous ne pourrez pas régler la situation vous-même. Pour toute question à ce sujet, contactez un avocat spécialiste en droit pénal.