Opter pour un abandon de poste est assez fréquent chez les salariés en CDI qui souhaitent quitter leur emploi tout en jouissant des droits au chômage. En effet, contrairement à la démission, le licenciement pour ce motif fait bénéficier d’allocations versées par Pôle Emploi. Toutefois, le salarié qui choisit de quitter son poste s’expose à certains risques auxquels il ne s’attend pas toujours. De même, l’employeur voulant sanctionner cette conduite devra suivre une procédure bien réglementée. Pour mieux vous informer sur l’abandon de poste et les conséquences qui s’en suivent, il est conseillé de recourir aux conseils d’un avocat en droit du travail. Qu’est-ce que l’abandon de poste ? Quels en sont les inconvénients pour le salarié et quelle est la procédure que l’employeur devra suivre ? Focus.
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L’abandon de poste sous CDI en 2020 : définition

L’abandon de poste est le fait pour le salarié sous CDI, de ne plus se présenter au poste de travail auquel il est assigné, sans autorisation de son supérieur et sans motif légitime. En d’autres termes, il ne vient tout simplement pas travailler et ne donne aucune explication à son employeur. Cette absence subite peut durer un ou plusieurs jours. Elle peut aussi se traduire soit par le départ anticipé et non justifié du salarié pendant ses heures de travail ou alors se produire à l’issue de congés payés, de maladie ou autre.
Bon à savoir :
L’absence du salarié n’est considérée comme un abandon de poste que si l’employeur ne reçoit aucune nouvelle du salarié à partir du 3e jour. Les justificatifs valables sont : l’arrêt maladie et les divers congés légaux accordés par la Direction.

Les conséquences de l’abandon de poste pour le salarié en CDI

Un abandon de poste correspond à un manquement aux obligations contractuelles. Si aucun justificatif ne parvient à l’employeur dans le délai prévu par le règlement intérieur, des sanctions disciplinaires peuvent s’appliquer.

Dédommagement

Dans certains cas, l’employeur réclame des dommages et intérêts au salarié, pour le préjudice financier causé par son absence. Ainsi, le juge prud’homal lui impose de verser une indemnité de brusque rupture en guise de dédommagement de la période non travaillée.

Licenciement pour abandon de poste en CDI

La jurisprudence définit l’abandon de poste sous CDI comme étant une cause sérieuse et réelle de licenciement.

Interruption du salaire

Comme le salaire est la contrepartie du travail réalisé, il va sans dire qu’une absence irrégulière au poste ne sera pas payée.

Perte d’indemnités

Dans la plupart des cas, le licenciement pour abandon de poste n’est autre qu’un licenciement pour faute grave. Cette situation amène alors à la perte des indemnités qui auraient dû être perçues lors d’un licenciement pour un autre motif.

Abandon de poste en CDI : suspension du droit de chômage

En attendant son licenciement, le salarié ne pourra pas toucher des allocations au chômage puisque son contrat n’est pas encore rompu. Une fois licencié, il recevra une attestation pour Pôle Emploi.
Note importante :
Il arrive souvent que des difficultés apparaissent dans le traitement du dossier par Pôle Emploi. Si l’employeur indique en effet un motif de licenciement autre que pour faute grave, la décision de prise en charge peut être retardée.
Cas particuliers :
L’abandon de poste d’un salarié sous CDI à temps partiel peut aussi entraîner un licenciement. Dans ce cas, l’indemnité est calculée proportionnellement à ses périodes de travail accompli.
L’abandon de poste ayant lieu pendant une période d’essai d’un CDI n’est pas non plus sans conséquence. Pour rompre un contrat d’essai, il faut un délai de prévenance de 48h ou de 24h (pour une présence inférieure à 8 jours). En cas de non-respect de ce préavis, l’employeur peut exiger que le salarié lui verse le salaire correspondant à ce délai.

Abandon de poste d’un salarié sous CDI : procédure à suivre par l’employeur

Dès le constat de l’abandon de poste, l’employeur devra envoyer une lettre de mise en demeure au salarié. Celle-ci consiste à lui demander de reprendre son travail ou de justifier son absence.
Si le salarié n’y répond pas, l’employeur sera en droit d’engager une procédure disciplinaire à son encontre, notamment celle de licenciement. Cette dernière implique par ailleurs d’autres démarches dont la convocation à une entrevue préalable à sanction, l’entretien en question, puis le licenciement proprement dit.
Même si le salarié réintègre l’entreprise et justifie son absence, l’employeur peut poursuivre la procédure disciplinaire s’il estime que les motifs exposés sont illégitimes.
À savoir :
Selon les circonstances, l’abandon de poste n’aboutit pas toujours à un licenciement pour faute grave, mais plutôt à une mise à pied, un avertissement, une rétrogradation ou une autre sanction.
En résumé, l’abandon de poste n’est pas la meilleure alternative pour quitter rapidement un emploi puisqu’il engendre de nombreux inconvénients : suspension du salaire, perte d’indemnités, difficulté à percevoir les droits au chômage, etc. L’employeur doit suivre de son côté une procédure stricte pour éviter que le salarié ne le poursuive pour non-respect de ses droits. Il est par exemple tenu d’agir dans un délai de deux mois pour pouvoir sanctionner l’abandon de poste. C’est pour ces raisons qu’il vaut mieux s’informer au maximum sur le sujet.