Pour licencier un salarié ayant commis un vol, il n’est pas nécessaire de déposer auparavant une plainte pénale. Par ailleurs, un vol en entreprise est qualifié de faute grave et constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement sans préavis. Néanmoins, l’employeur doit en apporter la preuve. Si vous vous retrouvez face à cette situation délicate, pas de panique ! Tout vol n’est pas considéré comme une faute grave. Pour davantage d’éclaircissements sur le sujet, prenez contact avec un avocat en droit du travail. Tour d’horizon sur le licenciement pour vol (avec ou sans preuve).
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Vol par un salarié (avec ou sans preuve) : que dit le Code pénal ?

Un vol est considéré comme un manquement au contrat de travail selon l’article L1222-1 du Code du travail. Par ailleurs, il s’agit aussi d’un délit en vertu de l’article 311-1 du Code pénal. De ce fait, en cas d’accusation de vol en entreprise, vous risquez des sanctions pénales. Au niveau de votre emploi, votre employeur peut aller jusqu’à votre licenciement.

Vol commis en dehors du travail

En principe, un vol n’est pas qualifié de faute professionnelle s’il n’a pas été commis au sein de l’entreprise. Par contre, il peut l’être s’il est d’une façon ou d’une autre rattaché à votre vie professionnelle. Par exemple, si vous êtes accusé d’avoir commis un larcin en usant de votre véhicule professionnel, cela peut justifier une rupture de contrat pour faute grave d’après la Cour de cassation au cours de l’audience du 18 mai 2011 n°10-11.907.

Vol au préjudice de son employeur

Le détournement ou la soustraction d’un bien appartenant à l’entreprise est en principe qualifié de faute grave justifiant un renvoi immédiat. Néanmoins, l’employeur doit analyser les faits pour différencier une faute grave d’une faute simple, car la première peut entrainer un renvoi sans préavis et indemnité de licenciement.
À noter : en cas de flagrant délit de vol, votre employeur est en droit de vous livrer aux autorités compétentes ou de vous garder en attendant leur arrivée (article 73 du code de procédure pénale).

Accusation de vol sans preuve au travail : comment se défendre ?

Votre employeur n’est pas en droit de vous licencier sur la base de simples soupçons. En effet, il doit apporter la preuve du méfait pour motiver la rupture de votre contrat de travail pour cause réelle et sérieuse. En effet, des soupçons reposent sur une perception subjective et ne peuvent en aucune façon justifier un licenciement pour vol. Si votre employeur est dans l’incapacité d’établir avec certitude que vous êtes l’auteur du larcin, une enquête sera ouverte. Pendant ce temps, vous serez en congé-soupçon.
En plus d’établir la réalité objective des faits, l’enquête permet d’évaluer la gravité du vol pour vérifier s’il mérite réellement un licenciement pour faute grave ou non. Il incombe ensuite au juge d’examiner, au cas par cas, les éléments apportés à sa connaissance pour statuer.
À défaut, votre employeur s’expose à des actions pour licenciement injustifié et aux dommages et intérêts qui en découlent.
À préciser : s’il s’avère que l’enquête prouve que votre licenciement n’est pas justifié, votre employeur vous devra une indemnité de réparation pouvant aller jusqu’à 6 mois de salaire ainsi que la rémunération afférente au délai de congé-soupçon.
Si votre employeur prévoit de vous licencier pour vol, il doit auparavant prouver que vous êtes réellement l’auteur de ce délit. Sinon il s’expose à des actions pénales et des sanctions financières.